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mercredi 30 juillet 2025

"L’impact social des clubs de football" (Jules Gariazzo)


Le 11 juin dernier, 2025, j'ai été interviewé par Jules Gariazzo, étudiant en UFR STAPS à l'Université Paris-Nanterre, pour son Mémoire sur « L’impact social des clubs de football ». 


Son mémoire s’appuie sur une enquête de terrain menée auprès de plusieurs clubs professionnels et amateurs (Stade Rennais, Lyon-La Duchère, AS Musau, FC Villefranche Beaujolais), afin d’analyser comment les structures sportives contribuent concrètement à l’inclusion sociale et éducative des jeunes à travers leurs actions, leurs partenariats et leur implantation locale.


Son mémoire est tellement excellent que je vous invite à le lire si le sujet vous intéresse. 

Détail de notre échange de 45' en visio le 11 juin.


Contexte : Bernard Bloch est en charge du projet social au sein de l’AS Musau, club amateur implanté dans un quartier prioritaire de Strasbourg. Engagé depuis plusieurs années dans des projets innovants mêlant sport, insertion et inclusion, il apporte un regard engagé et critique sur la place du football dans les politiques locales de cohésion sociale. Cet entretien a été mené dans le cadre d’un mémoire de Master STAPS, portant sur le rôle des clubs de football dans les dynamiques d’insertion sociale. L’objectif était de comprendre comment un club de quartier peut construire un modèle d’action sociale autonome, ancré dans le territoire, et articulé avec les acteurs institutionnels.

Jules Gariazzo : Est-ce que vous pouvez vous présenter, et présenter votre rôle au sein de l'AS Musau ?

Bernard Bloch : J'ai une formation de publicitaire au départ et j'ai développé des expertises en marketing, en communication, en innovation et management de projet. C'est ce que j'ai développé depuis longtemps.

J'avais arrêté le foot en me disant qu'après mes études je le reprendrai. J'ai repris le foot il y a longtemps, en 1987. Et depuis 1987 je suis engagé dans des clubs. D'abord pour faire de la communication, ensuite de la trésorerie. J’ai ensuite pris la présidence d'un club de foot, l’AS Électricité de Strasbourg, pendant 12 ans. J’ai arrêté un an et, depuis 2018, je suis vice-président à l'AS Musau où je porte le projet social. Ce n’est pas la partie sportive qui m'intéresse, il y a assez de monde. Évidemment, j'y suis mêlé bien sûr, mais c'est la partie sociale qui m’intéresse. Il se trouve que le foot, c'est le sport le plus populaire de France.

S’il y a des jeunes qui viennent dans un club et qui repartent simplement en progressant au foot je pense qu'on a loupé notre mission et que l'idée c'est quand même de l'aider à devenir professionnel, ou au moins que ce soit un être épanoui dans sa vie privée et professionnelle.

Dans le mot épanouissement, on peut y mettre beaucoup de choses. Ce sont des jeunes en difficulté et la question, c’est comment on les amène vers le monde de l'adulte, le monde de l'emploi. Pareil sur l'émancipation des femmes, le handicap, etc.

JG : Donc vous, c'est cette notion d'insertion sociale qui vous a motivé à prendre ce poste ?

Oui, et j’ai développé ce poste depuis pas mal d'années.

JG : Et donc c'est vous qui l'avez créé ce poste dans votre club ?

J'ai développé le projet social. Il y en avait un qui était au balbutiement. En créant un poste dédié, cela a permis d’étoffer et de concrétiser des projets et des actions.

JG : Donc, avant que vous preniez ce rôle, il y avait un peu moins cette notion-là à l'AS Musau ?

Oui, ils faisaient des choses qui étaient déjà un peu initiées. Si tu regardes dans le Guide des formations ou sur le site de la Fédération Française de Football, tu trouvais pas mal de choses, des idées d'actions qui peuvent être menées dans le cadre de ce qu'ils appellent le projet éducatif football, le PEF.

Donc, il y a beaucoup de fiches d’actions que tu peux organiser à droite, à gauche. Il y a vraiment une source d'inspiration énorme là-dedans. Ensuite, c'est qu'est-ce que concrètement on décide de faire. Il faut aussi savoir qu’il n’y a pas d'aide de l'État sur le sport lui-même. Il y a des aides que si tu as des sportifs de haut niveau. Tu as des aides des territoires si tu embauches du monde mais tu n’en as pas parce que tu es un gros club ou un petit club. Cependant il y a des aides depuis des années sur les projets.

Aujourd'hui c'est le management de projet dont il est donc question. Donc tu as des appels à projets auxquels il faut savoir répondre. je prends l'exemple de celui pour « Strasbourg, capitale mondiale du livre », il y a de l'argent à chercher là-dessus et on y a répondu pour lancer des projets. J'ai organisé des rencontres littéraires que j'animais dans le club de foot. On a en ce moment aussi un gros projet de bande dessinée avec la HEAR, l'École des arts décos de Strasbourg.

Il y a aussi des appels à projets sur des actions qu'on peut mener avec les habitants du quartier pour le développement du foot féminin, etc. Et donc il faut imaginer des actions et pouvoir les créer.

JG : OK très bien et du coup-là, comme vous venez de me le dire, votre idée ce n’est pas de cibler uniquement les licenciés du club, c'est de faire des actions qui vont être tournée vers toute la population autour du club.

Pendant longtemps, je me suis intéressé aux licenciés du club et il y a encore beaucoup à faire. Aujourd'hui, ça va, je vais au-delà, je vais avec les familles des licenciés.

Admettons que si un jeune recherche un stage et qu'il rencontre des difficultés, le club doit pouvoir l’aider. Surtout que je suis dans les clubs de quartier, je ne suis pas dans les clubs huppés, ce n’est pas ce qui m'intéresse. Il y a des jeunes qui sont certainement en recherche de stage de 3e, des stages de 2nde et ils vont aller chez le père ou des copains du père. Mais ce ne sont pas spécialement les métiers qui les intéressent. Et nos licenciés ont peut-être aussi des frères et sœurs qui sont dans la recherche, des parents qui sont peut-être au chômage.

Quand on a la chance d'avoir du monde dans un club, on a une responsabilité. Et si je peux aider les familles à trouver du boulot ou à mieux comprendre qui s'occupe de quoi en termes de santé, de droit des personnes, de défense de femmes battues, etc, ça m'intéresse, même si derrière, on a nos éducateurs dans les clubs qui ne sont pas formés à ça : ils sont formés à la partie sportive.

JG : Et donc vous, concrètement, quels sont les gros projets que vous mettez en place au sein de l’AS Musau ?

Au départ, l'AS Musau est un club populaire qui se développe, il y a de plus en plus de monde, on n’est pas loin des 500 licenciés maintenant. Historiquement, depuis bien 25 ans, il a développé le foot féminin alors que ce n'était pas du tout à la mode et qu’il n’y avait pas d'aide financière là-dessus. Aujourd'hui tout le monde s'y met parce qu’ils n’ont pas le choix. Même les clubs pros sont obligés de s'y mettre. Donc, nous, on est déjà là-dedans.

Avant que j’arrive dans le club, ils faisaient déjà des actions, organisaient des stages de jeunes, etc. Ce qu'on essaie de faire maintenant, c'est par exemple d’organiser des tournois de foot à 8 pour des entreprises et ils sont obligatoirement mixtes. Le but, c'est déjà de casser la logique, de passer de « vous venez pour gagner » à « vous venez pour passer un bon moment ». Et ce n’est pas parce qu'on a des filles dans l’équipe qu’on ne va pas gagner. L’idée est de changer l'état d'esprit et de montrer la réalité du foot, dans ses diversités.

Autre exemple : le 25 septembre prochain, on coorganise une journée « Du Stade Vers l'Emploi » qui est un dispositif de France Travail, avec la Fédération Française de Foot. Il y en a aussi dans toute la France avec les fédérations de rugby, d'athlétisme, etc. Il s’agit d’un super job dating d'une demi-journée ou d'une journée dans les clubs où le matin, les chercheurs d'emploi, les conseillers France travail et les recruteurs font un tournoi de foot ensemble. Personne ne sait qui est qui en fait et après 12h00 ils échangent. Ça casse complètement la barrière quand tu joues au foot avec quelqu'un ou que t'as pris la douche avec lui. Il y a moins de relations de maîtres à esclaves entre le recruteur et le demandeur d'emploi. C'est la France travail qui recrute les entreprises.

On a aussi une autre grosse action qu’on est en train d’organiser pour le 6 octobre prochain chez nous au club et qu’on co-développe avec la Mission Locale autour du l’orientation professionnelle, du sport santé et de la santé mentale. On proposera des activités sportives autour du football et parallèlement, il y a des stands sur les thèmes du droit, des citoyens et la santé. Donc ça, ça s'adresse à toute la population des quartiers prioritaires de la ville qui sont autour de nous. C’est en partie une réponse à un appel à projet de la Ville et mené par une Mission Locale, mais c'est nous qui le faisons avec eux. On profitera aussi de cette journée pour inciter au bénévolat et valoriser les compétences de nos membres, notamment de nos éducateurs parce qu'aujourd'hui ils sont bénévoles.

Il n’y a pas vraiment d'aide sur le bénévolat. Il y en a si on paye des impôts pour déduire des frais engagés et offerts, mais il n’y a pas d'aide réelle. L'État, depuis 30 ans, refuse de donner des points retraite pour ceux qui sont des bénévoles engagés. Ça coûterait une fortune, je peux comprendre le point de vue de l'État mais pour les bénévoles, c'est quand même un peu dommage.

Ce que je veux faire, c'est pour quelqu'un qui est entraîneur d'équipe de lui permettre de transformer ses compétences bénévoles en compétences professionnelles.

JG ; Et vous, quel constat vous tirez de toutes ces actions, est-ce que vous avez des bons retours ?

Alors il y a un réseau qui s'appelle « Aller vers l'emploi », et il y a des Missions Locales, France Travail. Il y a plein d'acteurs qui sont sur ces questions-là, comme l’École de la Deuxième Chance et d'autres acteurs qui sont là-dessus parce qu'il y a une politique d'État.

Mais pour moi, il y a un énorme absent qui sont notamment les clubs de foot. Pourquoi ? Parce que en fait, tous ces dispositifs s’adressent à des jeunes. Ils essaient de faire venir des jeunes à France Travail ou ailleurs. Or, les jeunes, ils vivent notamment dans les clubs de foot en grand nombre. C’est donc plus simple d'aller dans les clubs pour sensibiliser à tout ça, et je maintiens qu'il y a un énorme absent qui sont les fédé sportives.

Même s’il y a des développements. Il y a eu des appels à projets avec les JO, justement de l'État et de France Travail, notamment Impact 2024 qui est un gros appel à projets. Ça montre bien la politique de l'État. Voilà, l'État a créé aussi un groupe qui s'appelle « Les clubs sportifs engagés », dans lequel on est. Ce groupe fait le pendant des entreprises qui s'engagent. L'État n'a plus d'argent, ils espèrent que les entreprises vont s'engager pour aider les clubs.

On sait que l'État n'a plus d'argent, donc de toute manière si tu veux continuer à vivre il faut trouver de l’argent. Et tu trouveras de l'argent si tu es utile à quelque chose quoi ; si tu ne sers à rien, ce n’est pas la peine d'exister ou de monter un projet.

JG : Et c'est vrai que du coup, comme vous dites, le football permet d'avoir cette force de frappe que n'auront pas certaines associations qui sont spécialisées. Ça vous permet d'avoir un public déjà disponible.

Oui, c'est là où il y a le plus de monde. Si je prends le club de l’AS Musau, on est près de 500 et ça représente 2500 habitants sur le quartier avec les familles, les parents et les frères. En gros, ça fait tout de suite du monde. Donc, mener une action ici, ce n’est pas comme mener une action pour faire plaisir à 10 personnes. Et moi, je ne veux pas leur faire plaisir, je veux être utile en fait. Je veux que l’AS Musau soit un laboratoire d'expérimentation pour l'ensemble des clubs sportifs de France, voire d'ailleurs. Et tout ce que je fais, je communique beaucoup dessus. On partagera notre matière si on doit faire des fiches, des descriptifs, comment on accompagne. S'il y a d'autres clubs qui veulent nous piquer des trucs tant mieux, c'est le but. Voilà donc c'est vraiment dans cet esprit. Je le fais sachant que ça n'existe pas ailleurs ou très peu.

Les fédé ne s'intéresseront pas à ça ou alors seulement s’il y a des aides de l'État ou autre. Mais je comprends. Si je prends le District d'Alsace de Football, elle doit organiser des milliers de matchs et, chaque week-end, il faut éviter les violences envers les arbitres. Son coeur de métier, c'est d'organiser des matchs et que ça se passe bien. Et de gérer des centaines de milliers de licenciés.

Nous, on est un club où les gens savent qu’on ne paye pas nos bénévoles et qu’il n’y a pas de prime de match. Il n’y a pas de truc comme ça. Donc, si on veut que les gens viennent chez nous, il faut qu'on ait des éléments de différenciation, comme on dirait en marketing. Et pour nous différencier déjà, on est un club réputé très familial et tout le monde le reconnaît. Mais c'est aussi de se dire, si vous mettez votre enfant chez nous, nous, on va l'aider à essayer de s'engager dans la vie du club et à rajouter des lignes sur son CV pour plus tard. En fait, c'est ça notre promesse.

JG : On m'a dit que le sportif n'apportait plus tant que ça, et que ce qui permettait au club de survivre, c'était surtout le fait d'avoir ces actions qui vont permettre de ramener plus de sponsors, etc, et c’est ce qui intéresse le plus les entreprises.

De toute manière il n’y a jamais vraiment eu de l'argent pour la partie sportive et cependant il y a de l'argent sur la partie sociale, on va dire la cohésion sociale. Aujourd'hui, l'État n’a plus d'argent. Ceux qui ont de l'argent, ce sont les entreprises, ce n’est pas non plus la Mission Locale ou autre, ce sont les entreprises. Mais qu'est-ce qu'elles auront en échange d’argent ? Pourquoi les entreprises me donneraient de l'argent pour mettre son logo s’il n’y a que peu de monde qui le voit. Mon club ne leur sert à rien et je le leur dis avec plaisir : ils vont me donner 300€ pour mettre un panneau autour du stade mais nous leur proposons une autre solution : plutôt que d'être sponsor, soyez mécène du club. Avec vous, on va organiser des tournois mixtes, etc. Ça rentre dans votre logique RSE.

Comment mon club peut s'intégrer dans leur logique de responsabilité sociétale d'entreprise ? En fait, je peux agir sur l'environnement et notamment sur le facteur humain social. Vous voulez le bien être de vos salariés ? On peut organiser un tournoi chez nous. Donc en fait, c'est gagnant-gagnant. Donc moi je vais jouer ces cartes-là et l'un de mes axes, c'est comment transformer un sponsor en mécène, en fait.

Il y a aussi de plus en plus de formations socio-sportives. Ce qui change, c’est qu’avant il y avait pas mal de formations pour être entraîneur, on va dire dirigeants, présidents, mais ce qui se développe maintenant, ce sont des formations socio-sportives. Moi, si je développe ce type d'actions et que ça me permet de faire de l’argent, je vais pouvoir recruter quelqu'un pour développer ces actions-là. Et surtout, l'autre aspect, c'est qu’on peut proposer des actions dans la journée. Un club de foot il est en action les mercredis et les soirs pour les entraînements, et le samedi et le dimanche pour les matchs. Un club de foot existe peu durant la journée ou très peu, donc potentiellement il y a beaucoup de créneaux que nous pourrions utiliser si tu as quelqu'un qui peut développer des actions avec les entreprises, comme le ferait un coach ou une boîte d'évènementiel.

JG : Je voulais revenir sur la notion de partenaire. Selon vous, quels sont les partenaires-clés du club à l'heure actuelle ?

Ça fait quelques temps qu'on essaie de pousser ce genre d'actions, on le fait un peu à droite à gauche, mais on n’a rien signé comme partenariat officiel. Cependant, on répond à des appels à projets. On a des aides là-dessus et ce ne sont pas des partenariats en tant que tels. Cependant, les deux que je cible sont clairement France Travail et la Mission Locale sur le secteur. C’est en bonne voie. Après, je pourrais en trouver d'autres.

J’explique cela sur le site du club. Par exemple, le tournoi Interentreprises que j'organise depuis quelques années, sur les 6 équipes qu’on avait réunies en juin dernier, il y en avait 3 qui venaient de l'économie sociale et solidaire. Il y avait une équipe d’Unis Vers le Sport, une d’Emmaüs Connect qui fait de la récupération d'ordinateurs et qui aide sur la partie inclusion numérique, et j'avais une équipe de l'École de la Deuxième Chance pour la première fois. Ils ont fait une affiche pour essayer de recruter des jeunes. Ils ont monté une équipe et ils nous ont demandé s’ils pouvaient venir s'entraîner. Ils se sont entraînés avec nos seniors 2 et c'est déjà bien. Et ils sont venus jouer. Voilà, ils ont monté un truc, on leur a donné le prix du fair-play.

JG : Est-ce que vous arrivez à rendre vos actions annuelles ?

Les FOOTà8 mixtes, existent depuis trois ans. Il y a aussi le Stage de Pâques qu'on organise pour les jeunes ou il y a des sensibilisations mais pas seulement sur l'environnement, mais aussi sur les questions de harcèlement, sur les questions d'arbitrage.

Et là, dans les projets récents, il y a les 2 avec France Travail et la Mission Locale qui sont plus solides et qui s'attaque vraiment à l'emploi et aux stages obligatoires.

Juste un point, l’accompagnement scolaire on a arrêté de le faire parce que on n’a pas de lieu pour ça, on n’a pas vraiment de salle. La Ville ne nous met pas de salle à disposition, et c’est assez compliqué de le mettre en place dans notre club-house pour accueillir beaucoup de monde.

JG : Les actions que vous mettez en place quelles, sont les principales difficultés que vous allez rencontrer ?

Le problème, c'est déjà trouvé de se mettre d'accord avec différents acteurs pour pas faire du greenwashing parce que souvent les acteurs, eux ils mettent leur logo, ils sont contents. Moi je veux les aider à être utile eux aussi. Cela étant, s’ils me donnent de l'argent, moi je suis preneur aussi. Mais pourquoi ils me donneront à moi plutôt qu'un autre. Donc j'essaie de me différencier.

Après, en termes de ressources humaines ce sont plus les éducateurs, les entraîneurs, les dirigeants que je mobilise, mais ils sont déjà tellement mobilisés toute l'année. Chez nous, nous sommes 70 bénévoles engagés et, dès qu'y a un une équipe qui veut faire un truc, on a tout de suite 10-15 qui rappliquent pour aider. C'est formidable, c'est une vraie grande famille ici. Les éducateurs forment vraiment une team super.

Maintenant, si on va sur la partie sociale, ça demande d'autres compétences. On a commencé à faire des réunions justement avec la Mission Locale et des gens du club chez nous qui sont managers ou qui s'occupent de ces questions-là dans leur vie professionnelle. On commence à avoir une petite douzaine de personnes potentiellement qui apportent du jus de cerveau sur les questions sociales. Je ne le dis pas au mauvais sens du terme, par rapport aux autres, mais c'est une dynamique de management de projet. Comprendre les enjeux et les acteurs, ce n’est pas de simplement gérer un stand, ce n’est pas ça. Il faut parler aux jeunes à un moment, donc ça on est en train de le mettre en place.

Mais pour mobiliser ces personnes, il n’y a rien qui est offert par l'État. Il n’y a pas de mécénat de compétences, c'est très rare. Ça c'est aussi un autre sujet qui peut être développé.

Le dernier truc, c’est comment je fais perdurer ce projet-là. Pour cela, plus on aura des actions avec des partenaires pérennisés vite, plus ce sera simple de passer le relais après moi. Je le dis car, dans six mois, je serai en préretraite. Et je me mets volontairement en préretraite, car je veux développer cette partie-là dans mon club. Surtout si on va faire des trucs en semaine la journée.

JG : Vous, vous êtes tout seul sur ce plan-là, au club où il y a d'autres personnes qui vous aident ?

Je porte beaucoup de choses mais y a la Secrétaire, Estelle, qui a beaucoup fait pour le foot féminin. Et puis j'ai donc trouvé donc cette douzaine de personnes. Ce n'est pas leur fonction professionnelle mais on peut s’aider d’eux. Voilà, avant j'étais seul, là on commence avec ces deux grosses actions qui arrivent et qu'ils ont à préparer.

JG : Quand j'ai posé la question à certains clubs des problèmes qu’ils rencontrent, ils m'ont parlé notamment de la problématique de certains éducateurs qui ont cette envie de surtout se focaliser sur le sportif, et donc ils rencontraient cette difficulté de les impliquer dans ce projet social là. Est-ce que vous aussi vous rencontrez cette difficulté ou pas ?

Je vais te donner une anecdote : il y a environ une dizaine d’années, un article est paru dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Cet article révélait que 11 des 17 clubs de Strasbourg avaient décidé d’arrêter leurs équipes U18. La raison invoquée ? Les jeunes ne payaient pas leur licence et créaient beaucoup de problèmes et de désordre. Les clubs en avaient assez. Ils disaient que ce n’était pas à eux de faire du social.

L’article est sorti un mardi. Le lendemain, le mercredi, les 17 présidents de club ont reçu une lettre du Préfet. Et le vendredi, une réunion d’urgence a été organisée à la Ligue d’Alsace de Football. Il y avait le responsable de la police, le préfet, enfin voilà, tout le monde était là. Et ils nous ont dit : « Quoi, vous voulez vraiment laisser tous ces jeunes dans la rue ? Ce n’est pas possible. » Et nous, on répondait : « Oui, mais ce n’est pas à nous de tout faire non plus. Nous, on est un club de foot. »

C’est à ce moment-là qu’on a bien vu qu’il existe, grosso modo, trois grandes catégories de clubs. Alors je parle pour le foot, mais à mon avis, c’est pareil dans d’autres disciplines. Mais le foot étant le sport le plus populaire, c’est là que ça se voit le plus.

Premièrement, tu as les clubs qui se concentrent uniquement sur la performance sportive. Eux, ils ne veulent pas entendre parler de l’aspect social. Ce sont souvent des clubs professionnels ou assimilés. S’ils doivent faire une action, ce sera du type : « On distribue quelques billets gratuits. » Mais ce n’est pas vraiment une action sociale, c’est du donnant-donnant, très ponctuel.

Deuxièmement, tu as des clubs qui accueillent un public en grande difficulté sociale. Dans ces cas-là, le projet social passe avant tout, le sportif devient secondaire. Le club devient un vrai acteur de terrain sur les enjeux sociaux, parfois même avant d’être un club de sport.

Et enfin, tu as une troisième catégorie – celle dans laquelle je nous place – qui essaie de conjuguer les deux. Pour nous, la performance sportive reste importante : on est un club, notre coeur de métier c’est le sport, il ne faut pas se raconter d’histoires. Mais on n’est pas idiots non plus : on sait qu’il y a une responsabilité sociale derrière, qu’on ne peut pas ignorer. Après, selon les clubs, on va plus ou moins loin dans cette dimension sociale, et c’est ça qui fait la différence.

Et donc, avant de parler d'éducateur, ça concerne le club lui, même si le club est déjà dans cette logique-là, il a déjà commencé à recruter différemment, à la fois ses joueurs et ses éducateurs.

Et il n’y a pas beaucoup de formations qui existent. Par exemple, récemment, la Ville a réalisé un état des lieux des 17 clubs de Strasbourg, sur les problèmes d'infrastructure et compagnie. Juste pour te dire, sur les 17 clubs, il y a peut-être 5 clubs qui sont capables de faire un bilan financier digne de ce nom. Et si je devais rajouter, combien selon moi sont capables de répondre à un appel à projets sur un projet social, je pense que seulement 3 ou 4 savent le faire dont moi, parce que c'est notre métier professionnel. Mais les autres clubs n'ont pas du tout ces profils. La Ville aimerait donc accompagner aider les clubs à faire ça en même temps. S’il y a 17 clubs qui répondent, il n’y aura toujours que 4 élus à la fin.

JG : Pourquoi est-ce que vous avez eu cette envie de vous lancer dans ce projet social dans ce club ?

Quand j’ai arrêté ma présidence, j’ai eu envie de changer de club. Avec des amis, on est allé dans celui-là parce qu'on savait qu'il y avait une ambiance plutôt sympa, très familiale, et en regardant ce qu'ils faisaient, je me suis dit qu’on peut essayer de faire quelque chose, parce qu'il y a déjà un bon état d'esprit. Il y a un bon tissu au départ et socialement le public cible, il est là de toute manière.

On a des managers de projet qu'on a fait rentrer au comité, le Comité du club n'a plus la même gueule. Notre Président est parfait sur la partie sportive, mais ce n’est pas lui qui va prendre beaucoup la parole en public, on va dire ça, et il me la laisse avec plaisir.

On est plutôt un club à deux têtes et je ne lui prends pas la place. Je ne veux surtout pas être Président.

JG : Oui, je vois très bien. Maintenant, concernant les futurs projets, est-ce que vous avez des projets ou des thématiques que vous souhaiteriez développer prochainement, sur lesquels vous travaillez déjà, peut-être ?

Il y en a qu'on a décidé d'abandonner pour le moment se concentrer justement sur l'émancipation des femmes et l'inclusion sociale des jeunes. Enfin, l'inclusion sociale d'une façon générale des membres et de leur famille.

On a aussi stoppé la partie handicap parce que bon voilà, on ne peut pas aller sur tous les terrains. On l’a en tête, parce qu'on sait que ce serait logique en termes de RSE, mais c’est pareil, on n’a pas de salle. Et la Ville ne met pas aux normes les infrastructures existantes.

JG : Votre pôle de d'insertion sociale, est-ce que vous avez pour projet de le développer avec d'autres personnes, de continuer à l'enrichir ?

Oui, on veut aller jusqu'à au recrutement. En fonction du nombre d'actions. C'est un nouveau modèle économique pour le club aussi. Mais recruter, ça ne doit pas être un coût. Si on sait qu'on va gagner de l’argent, alors on peut financer un recrutement. Et si on peut faire deux fois plus d'actions, c’est super.

C'est plus simple potentiellement pour moi de recruter sur la partie socio-sportive parce que, là, potentiellement, on rentre de l'argent. Sur la partie sportive pourtant, on aurait des besoins des managers sportifs, mais il n’y a pas d’argent aujourd’hui pour recruter.

JG : Effectivement le sportif c'est assez compliqué d'investir là-dedans finalement...

C'est que le retour sur investissement n’est pas stable. Sur la partie sociale, on peut trouver. Voilà on ne va pas mener les actions qui nous coûtent de l'argent sans que ça rapporte.

JG : Est-ce que vous avez observé un changement de regard ou de reconnaissance du club par rapport aux institutions par rapport à vos actions ?

Mon club était dans l'ombre, discret. Là, il vit heureux, un petit peu moins caché. On est certainement celui qui communique le plus en Alsace, je pense, de façon plus intelligente en tout cas.

On commence aussi à prendre des étudiants qui viennent vers nous parce qu'ils ont vu, parce qu'on est un des rares clubs sur LinkedIn. J’ai créé cette page sur Linkedin pour parler aux étudiants et aux entreprises. Et pour que nos éducateurs n'hésitent pas à dire qu'ils sont entraîneurs chez nous, en taguant le club. Tout ça, ça fait partie de la E-réputation du club. Et de la leur. Je prépare le terrain en e réputation pour aller démarcher demain des entreprises. Sportivement, on n’est pas terrible, mais en tout cas, sociologiquement, on est un cas à part !

JG : Toutes ces actions sociales, est-ce que vous arrivez à les quantifier et à les mettre en avant ?

Le meilleur indicateur, c'est la fierté des membres du club et surtout des éducateurs de façon générale. Quand ils voient qu'on fait ça, ils n’ont pas honte de dire qu'ils sont chez nous dans le club, voilà. Mais en tant que tel, je n’ai pas vraiment d'indicateur, si ce n'est de dire combien d'argent on arrive à rentrer dans les appels à projets ou le mécénat.

Fin de l’entretien.

samedi 1 février 2025

Et Strasbourg inventa les réseaux sociaux en ligne...

The Legacy of Johannes Gutenberg: Pioneer of the Printing Revolution


Ma casquette de prof m'amène à corriger des dossiers techniques de mes masters 2 "Commerce électronique" ou "Droit de l'économie numérique) qu'ils suivent à la Faculté de Droit de Strasbourg.

Ce matin, j'ai ainsi corrigé un dossier d'une de mes étudiantes "Comelec" consacré au community management à l'heure de l'intelligence artificielle générative : "Community Manager 2.0. : analyse technique de l'intégration des solutions d'IA".

A quelques nuances près, j'ai trouvé son dossier excellent, assez complet et très pédagogique.

En lisant la page 6 de son dossier, j'ai toutefois été interpelé par son graphique qui illustre la timeline des réseaux sociaux.


Il se trouve que je suis Strasbourgeois et que j'ai dépassé les 60 ans. Aussi, je me souviens que Les Dernières Nouvelles d'Alsace ont inventé les réseaux sociaux 27 ans avant Facebook !
 

Les DNA inventent Facebook dès 1986

 
Je viens ainsi de faire remarquer à mon étudiante que ce graphique qu'elle reprend omet de rappeler qu’en France, Trombi.com (lancé en 2000), puis « Copains d’avant » (2001), ont lancé la dynamique des réseaux sociaux sur Internet, avant Facebook (lancé en 2004). 

Je pense aussi l'avoir surprise en lui indiquant que dès 1981, sous l’impulsion de son informaticien Michel Landaret, les Dernières Nouvelles d’Alsace avaient un site Minitel, 3615 "Gretel", qui s'est transformé en une messagerie instantanée (au rythme des modems de l’époque). 

Après Gutenberg qui inventa l'imprimerie vers 1440 dans son atelier situé à Strasbourg (Koenigshoffen), ma Ville a donc aussi bercé l'invention des réseaux sociaux en ligne, 27 ans avant Facebook ! 


Le paiement en lignes des factures d'électricité dès 1984 ! 


Reprenant ma casquette d'innov'acteur au sein du groupe ÉS, je me suis souvenu qu’Électricité de Strasbourg (devenu ÉS) permet à ses clients de payer en ligne leurs factures d’électricité depuis 1984 déjà. Mon collègue de l'époque, Patrick Tiesler (parti trop tôt et dont je garde une pensée émue), avait ainsi développé un site Minitel de notre entreprise, à partir duquel nos clients pouvaient déjà payer leurs factures d'électricité via une solution sécurisée du Crédit Mutuel, autre fleuron du patrimoine des entreprises strasbourgeoises.

J'ai plus tard monté le pôle e-business de ma boîte et mis en ligne notre premier site Internet en 1998, conçu avec Catherine Ledig (qui avait créé l'ADEC à La Walck). J'ai ensuite complété mon cursus en passant ce même master Comelec en 2003 à l'EM Strasbourg. Cette étape m'a alors permis de gérer la création de notre Intranet (2001) avant de déployer nos agences en ligne et de permettre à tous nos clients de payer leurs factures en ligne sur Internet dès 2004 ! 
(Pensée à vous Emmanuelle, Sendil et Tanguy !)


Bref.
En Alsace, si on a plus de pétrole, on a quand même des idées… et plein d’énergies renouvelables !

La raison d’être de ma boîte, « Éclairer les nouveaux horizons de l’énergie en Alsace », n’a pas donc pas attendu le XXIe siècle pour en faire la démonstration !

Aller plus loin

lundi 27 novembre 2023

L'Aquathon, un nouvel événement inspirant et apprenant


Arriver à enfermer 100 personnes dans un espace clos pour relever des défis dont ils ignoraient presque tout avant de venir, c’est déjà une belle victoire pour les organisateurs d’un hackathon. Alors, quand 48h plus tard, les super-héros expliquent comment ils ont trouvé des réponses et qu’ils sollicitent les sponsors pour les aider à les mettre en œuvre, les témoins présents sont souvent ébahis.

Les hackathons sont des événements incroyables, à l’image de ce 1er Aquathon qui s'est déroulé du 26 au 28 novembre 2023 à la Maison de la Région à Strasbourg. Organisé par Hydréos, le Pôle de l'Eau du Grand Est, avec le soutien et le savoir-faire d'Alsace Digitale, cet hackathon visait à réunir étudiants et professionnels "pour imaginer les solutions innovantes de demain afin de relever les défis liés à l'eau et à l'adaptation au changement climatique", comme l'expliquait les organisateurs.

Un événement apprenant, étape par étape


Depuis quelques années, avec la Communauté des coachs d'Alsace Digitale, nous avons créé et adapté une méthodologie permettant aux participants d'un hackathon d'avancer étape par étape dans leur projet, le tout en 48h chrono ! 

Le vendredi soir est consacré à la présentation des projets et à leur sélection impitoyable par les participants, puis aux premiers exercices animés par des facilitateurs pour créer une cohésion des équipes nouvellement constituées, avant de transformer les idées des porteurs de projets en autant de projets collectifs et collaboratifs/

Le samedi est le jour pour développer les concepts et les faire valider par des utilisateurs-cibles, des ingénieurs, marcketeurs et financiers,

Le dimanche sert à consolider le tout et le présenter en public devant un jury avant d'attendre l'analyse des résultats, de fêter cela puis de se séparer avant de poursuivre l'aventure. Ou pas.

Oui, le programme est chargé et l’espace-temps réduit nécessite une gestion de crise permanente, stressante, alternant périodes de doutes et d’euphorie.


Cette année, je cumulais les casquettes !
 

J'avoue, c'était crevant mais génial. Un vrai accélérateur de développement personnel et professionnel pour chacun des participants !

Ce week-end aura été particulièrement apprenant pour les étudiants des trois masters que je coache à la Faculté de Droit de l'Université de Strasbourg : 

Pour ce hackathon, neuf de nos étudiants ont en effet osé sortir de leur zone de confort pour vivre cet expérience.

Ils sont venus et en plus, ils sont impliqués dans la plupart des récompenses attribués, ayant notamment apporté leurs expertises et talents à deux des trois projets lauréats !

"Pour être honnête, j'étais sceptique avant d'y participer, explique Charlen (Linkedin - 27/11/23). En effet, en tant d'étudiant, on peut parfois douter de ses capacités. Qu'est-ce que je peux apporter à un projet ? Ai-je les compétences nécessaires ? Mais comme nous le rappellent nos professeurs Christophe Bessin et Bernard Bloch, nous sommes des sachants. Merci de nous avoir incités à y participer. Cette expérience a totalement changé ma confiance en moi et en mes capacités."



Leurs apprentissages acquis durant ces 48h seront sans nul doute utiles à leur projet #Etena et tout au long de leur dernière année d'étude, tremplin vers leur insertion professionnelle.

Bravo aussi aux super-héros du projet devenu L’ÉCLUSE DU FUTUR que j’ai pris plaisir à accompagner - Maxence Fuchs, Maximilien Werderer, Sophie Leblanc, Duc-Vinh Nguyen, Antoine Dumont, Ouis Boumeddine, Dr. Ing. Matthieu Dufresne, et aux coachs venus les booster Loïc Blaise, Anna Ferrere, Jérôme Lehmann, Alain Xayaphoummine - Martin, Geoffrey Huck, Lucas Husson et Fabien Schaeffer.



Enfin, bravo et merci Delphine Krieger, ainsi qu’à tous les sponsors de ce premier Aquathon.
Merci Yannick Jost et Catherine Mosser de m’avoir embarqué dans cette nouvelle aventure en me demandant de reprendre l’animation de la Communauté des coachs d’Alsace Digitale
Merci à tous les bénévoles qui ont accompagné bénévolement les équipes, notamment aux Facilitateurs d’Alsace.

Vivement la saison 2 de l'Aquathon !


























jeudi 10 mars 2022

Mes convictions de facilitateur post-confinements

Le 4 mars dernier, j'organisais une rencontre sur Le management des collectifs et la facilitation dans « l’après confinements ». J'en ai profité pour partager mes convictions de facilitateur après ces périodes de confinements. Mais pour comprendre pourquoi j'en suis arrivé à ces convictions, un retour en arrière s'impose.

 
En 2015, j’ai eu le plaisir d'être coopter par Adeline Schwander pour intégrer la réflexion qu'elle menée notamment avec Philippe Schoen, Marcellin Grandjean et Jean-Luc Watzky. Leur idée était de fédérer des personnes persuadées que la collaboration est plus utile et efficace que le rapport de force, ceci afin de partager et faire découvrir des bonnes pratiques et des techniques collaboratives. C'est ainsi que nous avons co-fondé l'antenne Alsace de l'IAF (International Association of Facilitators).
 

De l'IAF aux Facilitateurs d'Alsace et aux Facilitateurs ÉS

 
A cette époque, je n'étais absolument pas facilitateur et n'avait aucune envie de le devenir. Par contre, j'étais persuadé que ces techniques et cette compétence devant irriguer la société pour l'aider à se transformer. J'en étais d'autant plus persuadé que mes activités me permettaient de faire entrer cette approche dans mes différents environnement : dans mon entreprise, dans les associations où j'étais engagé, et dans la démocratie participative comme l'expérience #MAVOIX m'a permis de le démontrer par l'action.
 
J'étais alors déterminé à élargir le cercle de nos membres IAF à des relations professionnelles que je savais pouvoir faire entrer dans cette dynamique de transformations de nos entreprises, "à l'insu de leur plein gré", comme je me plais souvent à le souligner.

En 2017, pour être plus souple et plus agile dans les rencontres que nous organisions, nous nous sommes éloignés de l'IAF pour co-fonder le collectif Les Facilitateurs d’Alsace.

Notre communauté d’intérêt reste ouverte à tous ceux qui pensent que la coopération est plus utile et efficace que le rapport de force. Nous nous sommes fixés trois objectifs :
  • Faire découvrir des techniques collaboratives
  • Promouvoir la facilitation en Alsace
  • Favoriser le partage de bonnes pratiques.
     
 
Cette même année 2017, après quelques années à EDF, je revenais dans le groupe ÉS en tant que Coordonnateur Innovation. Sans attendre, il m’a semblé important de créer des communautés de pratiques sur des technologies disruptives, mais aussi une Communauté de facilitateurs ÉS au sein de l’entreprise. En effet, il me semblait essentiel de repérer des facilitateurs en herbe et en devenir pour préparer les transformations que le groupe ÉS allaient voir mettre en œuvre.

Depuis, nous nous réunissons pour partager nos envies et ne apprentissages, mais aussi pour essayer d'agir dans notre entreprise, l'union faisant la force. 
 
Le confinement a accéléré nos rencontres en distanciels et nous avons rapidement enrichi notre boîte à outils avec ajouté de nombreuses techniques de facilitation en distanciel et en hybride.
 
Depuis quelques mois, notre crédibilité est avérée et nous sommes régulièrement sollicités pour accompagner des managers d'entités et des pilotes de projets pour les aider à faire avancer leurs équipes, 
 
Depuis l'an dernier, je mobilise une dizaine de bénévoles engagés des Facilitateurs d'Alsace et des Facilitateurs ÉS pour coacher et accompagner les équipes lors du Hacking Industry Camp, et plus récemment, lors du hackathon Revell'East, 
 

Retour d’expérience « post confinements » sur le management des collectifs et la facilitation. 

 
Le 4 mars dernier, pour notre rencontre des Facilitateurs ÉS, j'avais convié Christian Bollaert (Responsable du développement managérial et de l’évolution des modes de fonctionnement à Orange Nord-Est) et Albert Moukheiber (expert des neurosciences) pour un retour d’expérience « post confinements » sur le management des collectifs et la facilitation. Albert a en effet récemment participé aux travaux du collectif Cog'X sur "les confinements et le travail hybride qui ont contribué à briser de nombreuses dynamiques collectives, créant parfois un isolement important chez certains salariés, et fragilisant la relation de confiance entre un manager et ses collaborateurs". D'où mon envie de l'inviter à partager sa synthèse avec nous.
 
Pour la petite histoire, j'ai connu Albert en 2016 à La Rochelle où nous étions tout les deux talkers du TedX organisé par Thierry Le Pesant, Thiery qui était lui-même, l'un des cofondateurs de #MAVOIX.
Et quant à Christian Bollaert, c'est un de nos Facilitateurs d'Alsace, Khalil Chtourou, qui nous avait mis relation, persuadé que nous avons des choses à faire ensemble. La belle sérendipité que voilà !
 
Bref, le 4 mars, nous nous sommes retrouvés pour partager notre retour d’expérience « post confinements » sur le management des collectifs et la facilitation. Et pour introduire cette séquence, j'avais décidé de partager trois convictions que j'ai acquises aujourd'hui. 
  

Ma première conviction : le cloud et le big data induisent une collaboration des datas et donc des utilisateurs de ces datas

 
Nous sommes à l'heure de la 4ème révolution industrielle induite par les impacts exponentiels du big data et du cloud dans nos vie professionnelles et privées.

 
Ces mutations nous obligent à dé-siloter les données et les humains pour les rendre plus "intelligents". 

Nous passons de la coopération à la collaboration

 
Poussé par les technologies et les générations nés à l'heure des réseaux sociaux, les entreprises voient leurs modèles se transformer, passant d'une logique de coopération (à chacun sa partie du tout) à une logique de collaboration (le tout pour tous) et le développement du mode projet et du management de projet, dans les entreprises, mais aussi dans la vie publique et le monde associatif. 


Cette mutation se traduit par des transformations qui touchent à la fois les espaces de travail et les espaces virtuels (Microsoft 365, Slack, Atolia, ...) qui ont tous enrichi leurs fonctionnalités collaboratives.
 
 
Ces mêmes mutations nécessitent d'organiser et d'optimiser le collaboratif et l'intelligence collective, favorisant l'apport des compétences des facilitateurs.
 

Un facilitateur doit maîtriser des étapes, s’il veut être efficient et ne pas participer à du social washing

 
Après plusieurs années d'expérience, et en réfléchissant avec mes collègues facilitateurs d'ÉS, je suis arrivé à la conclusion que six étapes sont essentielles à une facilitation réussie, c'est-à-dire qui transforme réellement un collectif et une réflexion.

  1. Se mettre d’accord avec le vrai demandeur sur son problème à résoudre et ses attentes : les 5 why du sponsor.
  2. Proposer un plan d’actions dans la durée, souvent en plusieurs étapes.
  3. Si le plan d’actions intègre une ou + sessions d’intelligence collective, proposition de les designer : Accueil > Météo > Ice-breaker > Des séquences adaptées à l’avancée de la problématique et de solutions (séquences courtes et variées, alternant des temps de réflexion individuelle et collective, de divergence et de convergence > Séquence préparatoire de l’épisode souvent > Check out.
  4. Si le demandeur le souhaite, possibilité d’animer/faciliter les sessions, ou de briefer les facilitateurs.
  5. Si le demandeur souhaitait une prestation d’animation/animation, possibilité de rédiger les comptes-rendus (à éviter selon moi car ceci déresponsabilise le demandeur).
  6. Proposition d’organiser un debriefing et un retour d'expérience.
     

Mes apprentissages de facilitateurs post-confinements

Enfin, ces derniers mois m'ont également convaincus de six points complémentaires

  • Le collaboratif est une condition nécessaire à la mise en œuvre de l'open innovation et de l'entreprise étendue 
  • Le distanciel et l’hybride forment un nouveau paradigme, et non une rustine éphémère
  • Le facteur humain est au coeur de toute transformation. J'avais eu la chance de creuser ce sujet avec des industriels, sous l'impulsion de Mireille Hahnschutz (CCI Alsace Eurométropole), dans le cadre de la communauté Le facteur humain dans l'industrie du futur.
  • Le management 2022 nécessite une vraie confiance, vs une défiance qui tend pourtant à revenir dans l'après-confinements
  • Le distanciel a favorisé l'horizontalisation des relations entre managers et collaborateurs
  • Les confinements ont permis de valoriser la facilitation et les facilitateurs.
Voilà. N'hésitez pas à partager vos réactions. Au grand plaisir d'en discuter ensemble.

Enfin, voici le replay de notre rencontre du 4 mars 2022. Bon visionnage !



PS : Merci Edouard Siekierski (EDF), Régis Monot (Steelcase.) et mes amis facilitateurs Isabelle Cablé, Bertrand Boyon, Valérie Kaufenstein, Quitterie De Villepin, et tant d'autres.
 

Biblio / Webographie 

Communauté de pratique, intelligence collective

    Distanciel, hybride, télétravail…

    samedi 30 septembre 2017

    Chronique d'un prof d'université (6)

    26 septembre 2017. Chroniques d’avec des étudiants. Nouvelle saison.



    Après une belle discussion avec Catherine Ledig, responsable de ce Master, elle m'a proposé un nouveau cours de 4 heures pour sensibiliser à l'industrie du futur les 40 étudiants des deux promos Master 2 AES (Administration économique et sociale) Gestion et Droit de l’Économie Numérique - "Droit de l'économie numérique" et "Commerce électronique" - de la Faculté de droit, de sciences politiques et de gestion de l'Université de Strasbourg.

    Du coup, j'ai récupéré des bribes de cours en les complétant par les expériences et infos agglutinées depuis trois ans que ce sujet me passionne et occupe mon cerveau. Et comme j'ai pas mal bourlingué ces derniers mois dans des communautés de pratique et des mondes collaboratifs (#MAVOIX, Les Facilitateurs d'Alsace, ...), j'ai (enfin) décidé d'appliquer ces notions dans mes cours.

    2+5+10



    Après une rapide présentation sous forme de warm up, je leur ai proposé une première séquence de travail en sous-groupes, inspirée par ce que m'a appris Adeline Schwander (Les Z'Ailes) : le 2+5+10

    • Vous leur montrez une question, en l'occurrence "C'est quoi l’industrie du futur pour vous ?"
    • Chacun a ensuite 2' pour noter ses réflexions personnelles et une question dont il aimerait avoir la réponse.
    • Ils ont ensuite 5' pour poser leur question aux autres membres du sous-groupe, qui apportent souvent 80% des réponses.
    • Ils ont enfin 10' pour poser aux autres sous-groupes les questions restées sans réponses. Seuls 5% des questions restent en général sans réponse.
    A des fins pédagogiques, je leur décrypte la séquence qu'ils viennent de vivre, cet exercice démontrant l'intérêt de réunir des participants pour mettre en commun leur intelligence collective, les obligeant à dialoguer avec des inconnus et à être dans une posture bienveillante et d'écoute active.

    2 rêves convergents


    Pour la séquence suivante, je les ai répartis en 4 sous-groupes imposés, 1 par rangée de table.

    J'ai ensuite demandé à ceux des second et quatrième rang de regarder le mur du fond pendant que je montrais aux autres une question à laquelle je leur demandais de réfléchir.  Puis j'ai fait de même pour les rangs 1 et 3. Les deux questions : C'est quoi une industrie en 2027 ? C'est quoi un salarié d'une industrie en 2027 ?

    Après 10', je leur ai demandé de présenter une synthèse de leurs réflexions et de confronter leurs points de vue.


    Pour tout projet touchant au numérique, et donc souvent à l'innovation, il est essentiel de se projeter dans un futur éloigné pour imaginer le chemin à court terme pour y parvenir. La séquence de ces rêves partagés permet justement d'avoir une vision, tout en confrontant les points de vue individuels et collectifs, ainsi qu'en essayant d'entrevoir les opportunités et menaces pour les différentes parties prenantes.

    J'avais eu la chance de pratiquer cette exercice en tant que participant lors de la toute première session de la communauté de pratique Le facteur humain dans l'industrie du futur, une communauté impulsée par Mireille Hahnschutz (CCI Alsace Eurométropole) dont le design et l'animation des trois premières sessions avaient été confiés à Florence Rémy et Marcellin Grandjean, experts en facilitation et coaching de groupe.

    Pour les convaincre, je leur ai projeté ce reportage datant de 1969 sur une petite découverte susceptible de changer le monde...



    Les grandes étapes économiques sont toujours liées à l’énergie et aux transports, le tout induisant des changements sociaux…


    La troisième partie du cours était plus classique et m'a permis de leur expliquer et d'essayer de leur faire comprendre que les mutations de nos sociétés sont toujours induites par des révolutions techniques liées à l'énergie et aux transports.



    Pour aider les étudiants à voir les impacts passés pour comprendre les impacts futurs, j'aime bien leur citer ces deux phrases de Jeremy Rifkin (La troisième révolution industrielle - Ed. LLL - 2012) :

    • Concernant la seconde révolution industrielle : "Pratiquement du jour au lendemain, des millions de gens ont commencé à troquer leurs chevaux et cabriolets contre des automobiles."
    • Concernant notre monde actuel, l'auteur américain explique qu'aujourd'hui, nous sommes à la veille d'une nouvelle convergence entre technologie des communications et régimes énergétiques : "La jonction de la communication par Internet et des énergies renouvelables engendre une troisième révolution industrielle. Au XXIe siècle, des centaines de millions d'êtres humains vont produire leur propre énergie verte dans leurs maisons, leurs bureaux et leurs usines et la partager entre eux sur des réseaux intelligents d'électricité distribuée, exactement comme ils créent aujourd'hui leur propre information et la partagent sur Internet."


    Des baby-boomers à la génération Y, Z ...


    Au delà des mutations technologiques, je leur explique ensuite l'influence des évolutions générationnelles pour les aider à mieux appréhender les mutations sociétales en cours, la numérisation des entreprises favorisant les collaboration numériques et physiques dans l'entreprise, et vice versa, de même que l'open innovation avec les clients, partenaires et prestataires de l'entreprise.  J'insiste pour qu'ils comprennent que l'entreprise dans laquelle ils travailleront dans un an est constituée d'hommes et de femmes représentant ces différentes générations, et qu'eux même doivent être vigilants pour ne pas apparaître comme des extra-terrestres aux yeux de leurs futurs collègues plus âgés. Pour ancrer cela, je m'appuie sur trois vidéos que je les invite à regarder sans plus attendre sur leurs ordinateurs :


    Ces trois vidéos inspirantes nous avaient été projetées lors de la troisième session de travail de la communauté Facteur humain.

    Vivre sans attendre l'expérience du futur immédiat 


    Après cette récréation vidéo, je souligne la grande différence entre l'efficacité et l'efficience (l'efficacité au moindre coût), et leur explique qu'il est essentiel de savoir écouter et analyser pour comprendre le problème à résoudre réellement. D'autant plus que votre "donneur d'ordre" n'en est pas toujours conscient et qu'il appartient aux différentes parties prenantes, dont eux-mêmes en tant que futur prestataires internes ou externes, de se mettre d'accord sur le problème à résoudre pour co-construire un défi à relever. J'illustre mon propos par cette phrase lue récemment et que je trouve tellement juste : "Nous nous trompons le plus souvent parce que nous trouvons une bonne solution mais au mauvais problème plutôt que de donner une mauvaise solution au bon problème !!"

    Je leur présente ensuite le concept d'industrie du futur, vu notamment par les industriels allemands, mais également par la politique Industrie du futur menée en France depuis 2015 avec l'Alliance Industrie du futur, les Régions et les CCI.

    J'enchaîne ensuite sur l'importance de rester en veille active sur ces questions industrielles et je les invite à participer et vivre une expérience intense et inspirante lors du Hacking Industry Camp qui aura lieu du 13 au 15 octobre prochain à l'INSA Strasbourg. Cela me permet de leur expliquer comment on passe d'une idée à un projet, puis à un défi. J'en profite pour leur montrer la méthodologie employée par X-Five et Alsace Digitale pour optimiser les chances de réussite d'un défi à relever.


    Avant-dernier exercice pour les pousser dans leurs retranchement, je leur propose un exercice que j'ai déjà eu l'occasion d'éprouver auprès de responsables industries il y a quelques mois, et de 120 collègues plus récemment. Un exercice que je ne détaillerai pas ici mais qui les aide à se requestionner sur la base des impacts futurs liés à la technologie blockchain, tous autant qu'ils sont, futurs juristes ou web-marketeurs présents dans cette salle de cours.  

    Casser les barrières psychologiques entre vie professionnelle et vie privée


    Après ces trois heures en "immersion" dans l'industrie du futur, je leur propose un dernier exercice qui pourrait leur sembler plus futile.

    Je les invite à se regrouper en 3 sous-groupes, les obligeant ainsi à former des groupes plus nombreux, et donc nécessitant encore davantage d'attention aux autres. Je leur donne 30' pour avancer sur le thème suivant : "Ils sont 40 ici et viennent de commencer leur année universitaire. C'est donc l'occasion pour eux d'imaginer et d'organiser samedi dans 15 jours une soirée leur permettant de mieux se connaître. 3 groupes et donc, potentiellement, 3 projets différents."


    Au bout de 10', je les interromps pour m'assurer qu'ils sont d'accord entre eux sur le problème à résoudre et donc sur le défi qu'ils veulent relever. Évidemment, ils me font de grands yeux car ils étaient tous déjà partis sur un projet, sans avoir pris soin de vérifier qu'ils voulaient répondre aux mêmes besoins entre eux... Je leur montre alors un guide qui peut les inspirer. 
    • Problème à résoudre (défi à relever) ? 
    • Objectif ? 
    • Cibles ? 
    • Votre projet ? 
    • A quel coût (global et individuel) 
    • Comment communiquez-vous, notamment entre vous ? 
    • Avec quels partenaires ? Qui fait quoi, notamment entre vous ? 
    Décryptage :
    • Les photos parlent d'elles-même et la proximité entre eux dans chaque groupe de travail, tant physique que culturelle et psychologique, est bien plus évidente dans les 3 sous-groupes présents que dans ceux du début de matinée.
    • Les ordinateurs ont disparu de leurs tables, faisant ainsi disparaître ces murs virtuels qui les séparent physiquement, augmentant d'autant l'écoute active et le foisonnement d'idées.
    • Ces moments de cogitation collective et de co-construction sont propices à la créativité, mais il faut savoir se fixer un cadre et une méthodologie pour avancer dans l'idéation.
    • Le sujet plus proche de leur vie privée casse les a priori et mobilise les énergies de chacun au profit d'un projet euphorisant, leurs sourires traduisant à l'évidence le plaisir vécu à l'instant.
    Juste après ces mots, je leur annonce que nous n'aurons plus le temps d'entendre leurs projets, et que l'essentiel de l'exercice visait justement à leur montrer qu'ils étaient parfaitement capable de casser leurs a priori et de travailler rapidement et efficacement ensemble, pour peu que le sujet les intéresse vraiment. Du coup, je les invite à recréer ces dynamiques de co-construction euphorique dans leurs projets futurs, estudiantins ou professionnels, insistant que cela ne dépendait que d'eux-mêmes de créer les conditions favorables à cela.   

    Pour conclure et avant de leur souhaiter une très belle année universitaire, je leur ai suggéré de croiser entre eux leurs 3 projets car "je suis persuadé que, sans vous le demander au titre de prof, vous allez avoir envie d'organiser une fête entre vous dans 15 jours !

    Les aider à s'accorder le permis de s'assumer !


    En complément, et pour ceux qui me connaissent, la constitution d'un groupe est toujours pour moi un moment essentiel et structurant pour leur développement personnel (voir session 2) et surtout mon TEDx consacré au Permis d'être soi-même). 

    Pour le premier exercice (2+5+10), je leur avais demandé de se répartir librement en 4 sous-groupes. Puis je leur ai demandé de se lever par sous-groupe à tour de rôle pour faire "coucou" aux autres sous-groupes. Dès le deuxième sous-groupe debout, j'ai demandé aux autres si rien ne les perturbait. Très vite, un étudiant a remarqué qu'il n'y avait que des filles dans le sous-groupe. Effectivement, je leur ai donc demandé de se mélanger, ce qui fût fait dans la minute suivante. Pour le reste, RAS, la mixité culturelle était respecté, donc aucune "leçon" à donner à ce sujet.

    Deux autres remarques pour le second exercice des rêves partagés où je leur imposé de se répartir par rangée de tables en leur demandant bien évidemment de se rapprocher de part et d'autre de leurs tables de travail.

    1. 2000 ans de mauvaises habitudes à changer en 10'... Je leur ai laissé 3 minutes avant de les sensibiliser au fait qu'il était important qu'ils se mettent d'accord dans chaque sous-groupe pour désigner une personne qui prendrait les notes et celle qui rapporterait le fruit de leurs réflexions au reste des étudiants.
      2 minutes plus tard, je leur ai demandé s'ils s'étaient mis d'accord sur la personne qui prenait les notes et, devant le "oui" collectif, j'ai demandé aux quatre personnes concernées de se lever. Je n'ai pas eu besoin de leur demander s'ils y voyaient un problème et leur ai expliqué que je trouvais inadmissible que seules des filles étaient debout... Sans débat, je leur ai expliqué qu'avec moi, seuls les garçons prendrait les notes durant mes 26 heures de cours à venir. "OK, c'est du masculinisme", leur ai-je dit, mais dont acte.
    2. Tous pour un et un pour tous ! Cette séquence les a forcés à collaborer avec des voisin-e-s qu'ils connaissaient moins et je leur ai expliqué, après coup, la nécessité pour chacun d'être vigilants et de s'assurer que chacun prenait bien la parole et pouvait s'exprimer, qu'ils formaient une équipe projet et que leur force était collectives grâce aux super-pouvoirs que chacun d'eux individuellement pouvait apporter au collectif.