jeudi 11 juin 2026

Des données spatiales pour sauver notre quotidien ?!


11 juin 2026, International Space University (ISU) sur le Campus d’Illkirch. Factory2006, cette grande journée de l’innovation, organisée par Paddock Academy, avait pour thème "L’orbite : la nouvelle opportunité pour l’industrie et la santé."

Des stands, des démonstrations, des échanges inspirants et des ateliers dont un atelier que j’ai eu le plaisir de faciliter avec deux experts du laboratoire ICube-SERTIT, le Service Régional de Traitement d'Image et de Télédétection, qui est la plateforme technologique et de services du laboratoire ICube (Université de Strasbourg). 

Un atelier sur des usages concrets autour de l’analyse de l’observation de la Terre à partir de données spatiales.


Quentin Poterek et Oscar Narvaez travaillent sur l’information géographique vue du ciel, notamment sur l’observation de la Terre, mais aussi sur les catastrophes climatiques et naturelles, en appui DES services de la Protection civile lors des crises majeurs qui touchent la planète (grands incendies, inondations, séismes, …).


Quelles technologies, quel impact de l’IA, quelles opportunités, mais aussi quels freins ? Cet atelier savamment préparé avec Quentin et Oscar a permis de présenter aux participants - des industriels, des chercheurs, des étudiants, des startuppers, mais aussi des curieuses en reconversion - leur métier, leur valeur ajoutée et d’imaginer ensemble des idées de cas concerts novateurs.



Comment êtes-vous passés de vos études au domaine spatial ?


Quentin Poterek : J’ai suivi une formation en géographie et j’étais bénévole sur des projets où les données spatiales étaient intéressantes. J’ai postulé au Sertit en formation interne et j’y travaille depuis 3 ans et demi. Je vise à mettre la donnée satellitaire au service de l’environnement, des temps de crise. Je suis référent IA et impliqué dans les opérations de crise dont CEMS Rapid Mapping, une initiative de la Commission européenne.

Oscar Narvaez : Moi, j’ai suivi une formation en géophysique et, comme Quentin, je suis arrivé au Sertit par la formation interne. En fait, je suis passé du terrestre en tant qu’expert en géoscience, à extraterrestre au sein du Sertit. Si l’ISU regarde vers l’espace , au Sertit c’est l’espace qui regarde la Terre.
Je suis au Sertit depuis 3 ans et je travaille dans le domaine de la production, sur des modèles IA et je travaille sur des modèles 3D.

C’est quoi la gestion de crise ?


Quentin : Les crises sont des phénomènes planétaires climatiques, sismiques ou humains extraordinaires que nous contribuons à gérer depuis Illkirch, à partir de l’analyse de données spatiales fournies pour des satellites et que nous interprétons par nos différentes techniques et expertises.
Pour gérer ces crises, nous sommes d’astreinte 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an. Notre rôle est d’analyser les images et de donner une interprétation à valeur ajoutée pour les personnes de la sécurité civile. J’interviens souvent sur les grandes inondations.

Oscar : J’interviens pour ma part plutôt sur la gestion des grands incendies, ce qui intéresse fortement les assurances.

Prenons l’exemple des inondations d'octobre 2024 à Valence qui ont causé 229 décès et d'importants dégâts matériels, l’une des pires catastrophes naturelles en Espagne. Comment êtes-vous intervenus ?




Quentin : Pour les inondations de Valence dont tout le monde se souvient des images télévisées, notre analyse des images et des données spatiales ont aidé les services de la protection civile espagnole à adapter leur propre analyse des crues. Nos images permettent de redimensionner le zonage en termes de prévention et d’aménagement à mettre en place. Toutes les petites villes de la région de Valence étaient sous l’eau. Les images satellitaires montrent bien les zones vulnérables.
Nous intervenons sur des grands incendies, des inondations, des tremblements de terre, … Les experts sur le terrain veulent pouvoir bénéficier d’une vision globale et d’une meilleure idée des zones impactées. Ce que nous pouvons leur apporter avec nos images spatiales.



C’est grisant j’imagine, mais vous devez vivre beaucoup de frustrations, non ?


Quentin : Notre frustration vient surtout de la contrainte de temps très stricte en temps de crise. Nos interlocuteurs sont dans l’urgence de la gestion de crise et nous devons leur apporter des éléments très rapidement, sans avoir toujours le temps d’approfondir nos analyses et recommandations.

Oscar : Ce qui est aussi frustrant, c’est de savoir que les données existent, mais que ce n’est pas à nous de prendre des décisions.



Cette difficulté entre l’urgence en direct et les actions correctives et anticipatives qui nécessitent des investissements à plus long terme, comment la voyez-vous ?


Quentin : L’un des enjeux consiste à pouvoir identifier des niveaux d’alerte et de crise pour mieux adapter les réponses à mettre en œuvre.

Oscar : L’IA peut aider à accélérer l’analyse, les corrélations et l’aide à la décision. Mais elle n’est qu’une aide qui nécessité des expertises comme les nôtres.

Des participants inspirés


Pour aider les participants à réfléchir à des cas d’usages concrets, je leur ai présenté des exemples de cas d’utilisation des données spatiales dans la gestion de la santé des forêts, des grands espaces naturels ou des terres agricoles, l’analyse les systèmes hydriques et l’évaluation des impacts du changement climatique et des décisions d’aménagement, ou encore la surveillance des changements d’usage des terres et les impacts environnementaux liés aux chaînes d’approvisionnement…

Après avoir échangé entre eux, les participants ont effectivement imaginé des cas d’usage très concrets. En voici trois que j’ai particulièrement trouvé intéressants.

  • Des serious games pour sensibiliser des jeunes élèves avec des jeux virtuels immersifs pour mieux comprendre l’impact des crues par exemple sur leur propre habitation ;
  • Dans le même ordre d’idées, proposer à chaque habitant de pouvoir évaluer le risque inondation ou incendie ou impact du réchauffement climatique de façon géolocaliser avant d’acheter un logement, ou de son propre logement. A l’image des films catastrophes, utiliser des techniques de vidéo immersive pour s’informer et prendre conscience des scenarii prédictifs pour mieux les responsabiliser dans leur prise de décision.
  • Le WAZE prédictif de l’évolution des crises qui permettrait à chacun de mieux anticiper les étapes qui risquent de s’enchaîner en cas de crise majeure.

Bref, j’ai passé un excellent moment avec Oscar et Quentin que je remercie pour leur écoute et leurs explications très pédagogiques, ainsi que les participants à mes deux ateliers.

Un grand merci à Claude Casterot et tout le staff de Paddock Academy et de l’ISU pour avoir imaginé et créé cette nouvelle édition de Factory pour stimuler et challenger l’économie de notre territoire.

Vivement le prochain Aquathon organisé par le Pôle de l’Eau du Grand Est pour challenger les trois idées qui ont émergé !

jeudi 12 février 2026

La technologie au service du handicap passe avant tout par le facteur humain


Hier après-midi, j’ai pris ma casquette Les Facilitateurs d'Alsace pour animer des ateliers sur l’innovation en matière d’inclusion et d’accessibilité avec les lunettes augmentées Ray-Ban Meta, à la demande de Caroline Scheidt (Simplon Strasbourg) et de Catherine Mosser (Alsace Digitale). Un sujet que j'avais déjà abordé... il y a 10 ans.

2016-2026 : Des lentilles connectées aux lunettes augmentées


Mars 2016. C’était il y a 10 ans et j’avais imaginé un sujet d’examen sur les lentilles connectées pour mes étudiants en Master 2 de « Commerce électronique » à la Fac de Droits de Strasbourg : « 2016 marque l'avènement du big data, de la réalité augmentée et des objets connectés... Vous devez imaginer un nouveau produit/service autour de la lentille de contact augmentée. »

11 février 2026. Simplon Strasbourg et Alsace Digitale m’ont demandé d’intervenir pour animer des ateliers à l’occasion des Rencontres de l’IA Méta by Simplon. Le thème du jour : « IA, accessibilité et innovation : quand la technologie ouvre de nouveaux possibles. »

Les participants : une soixantaine d’étudiants, d’association en lien avec le monde du handicap et de personnes en situation de handicap.

Les trois objectifs que nous nous étions fixés : faire rencontrer les mondes de l’inclusion et du numérique ; écouter des manques et besoins de services connexes ; imaginer un potentiel de développement de nouveaux services.

Des tables-rondes inspirantes


La matinée proposait des tables-rondes dont j’ai retenu surtout quelques interventions.
  • Stéphanie Robieux, cofondatrice d’OORION, une startup qui aide les personnes déficientes visuelles à se repérer et à interagir plus facilement avec leur environnement. Leur application permet de baliser virtuellement les espaces, d’obtenir des informations vocales et de gagner en autonomie.
  • Joachim Cardoso, mal-voyant utilisateur de la solution OORION et des lunettes Ray Ban Meta. "Être libre de se déplacer grâce aux lunettes, de téléphoner, de transmettre des messages, d’entendre les réponses, et même de prendre des photos pour les autres, c’est un vrai bonheur."
  • Anne Zoé d’Arras, ergothérapeute à l’Association Valentin Haüy qui soutient les aveugles et malvoyants.
  • Catherine Philibert co-fondatrice du Clan Digital, mais aussi animatrice d’une communauté de soignants pour le compte de Hack your care, une plateforme qui connecte l'expertise médicale et les entreprises.
  • Anna Ferrere, co-organisatrice du Hacking Health Camp qui aura lieu du 20 au 22 mars prochain, auquel elle donne rendez-vous aux participants du jour pour transformer leurs réactions et idées du jour en autant de défis d’innovation à relever et prototyper.


Des ateliers d'idéation


Après la pause de midi, j’ai donc pris ma casquette des Facilitateurs d’Alsace pour animer les ateliers dont j’avais imaginé le design en 5 sous-groupes et 6 séquences d’échanges :
  • Inclusion : listez des problèmes rencontrés au quotidien
  • Des lunettes magiques : que pourraient-elles résoudre pour vous ?
  • Découverte des lunettes Meta Ray Ban
  • Vos 10 pires services qu’offriraient des lunettes augmentées
  • 10 supers idées de services qu’offriraient des lunettes augmentées
Pour donner un éclairage inspirant à leurs réflexions et échanges, j’avais invité Clément Gass et Christian Hommaire et pour participer aux ateliers et témoigner de leurs expériences et actions concrètes : Clément est mal-voyant, ingénieur, amateur de trails et recordman du monde de la plus longue distance courue en toute autonomie ; Christian est mon ancien collègue d’ES, par ailleurs bénévole engagé dans de nombreuses actions facilitant l’inclusion par le sport des personnes en situation de handicap, il est notamment l’ami et le guide de Clément. Lorsque j’étais à EDF, j’avais souvent eu l’occasion de soutenir et organisé des actions avec ces deux compères. Outre le plaisir de les revoir, leur témoignage sur les nombreuses innovations auxquels ils ont contribué et qu’ils continuent à imaginer et expérimenter, mais aussi leur parcours, leurs espoirs et leurs envies ont touché et fortement inspiré les participants de cette journée.

A l’issue de ces temps d’échange et de témoignages, j’ai donc demandé aux participants de nous partager les idées de services qui leur semblaient essentiels pour des lunettes augmentées, ainsi que ce qu’ils retenaient de cette journée autour du handicap et des applications liées aux lunettes IA de Méta. Voici ce que j’en retiens.

Une vision commune se dégage : les technologies pourraient devenir de puissants outils d’autonomie. Mais comme le rappelle Lana, (association c'cité), "à condition d’être pensées dès l’origine pour répondre aux besoins réels des personnes en situation de handicap."

Les participants ont souligné l’importance d’une interaction fluide, personnalisée et en temps réel. Les lunettes devraient fournir des informations instantanées, pertinentes et adaptées au contexte, qu’il s’agisse de guider un déplacement, de traduire une conversation ou d’aider à se repérer dans un environnement complexe. Plusieurs idées convergent vers une IA capable de filtrer le bruit, d’améliorer l’audio, de zoomer sur les textes, d’offrir une vision nocturne ou élargie, ou encore de détecter des signes vitaux ou des situations de somnolence.

Un autre axe fort concerne l’accessibilité numérique et environnementale. Les participants rappellent que "l’adaptation des sites web au handicap reste encore et malheureusement une vaste friche", ce qui limite l’efficacité de toute technologie d’assistance. Ils imaginent également un quotidien enrichi de repères, balises et interfaces mieux conçues, où la domotique, les objets connectés et les lunettes interagiraient naturellement.

La personnalisation apparaît comme un enjeu majeur : adapter l’IA à la voix, aux préférences, au profil sensoriel ou cognitif de l’utilisateur. Les lunettes devraient aussi permettre de filtrer les informations selon l’usage (professionnel, touristique, sportif…) et garantir une confidentialité irréprochable, condition indispensable à la confiance.

L’enjeu fondamental du facteur humain


Les participants rappellent que la technologie, aussi avancée soit-elle, ne peut remplacer la dimension humaine. "La relation humaine reste l’élément le plus important dans la chaîne, soulignait justement une participante mal-voyante. Les lunettes connectées doivent être un soutien, un facilitateur, jamais un substitut aux interactions sociales ou à l’accompagnement humain."

Aller plus loin


lundi 26 janvier 2026

Le premier jour du reste de ma nouvelle vie


Ce lundi 26 janvier 2026 marquait le premier jour ouvré non-travaillé à ÉS du reste de ma vie.

Après bien des années de bons et loyaux services (selon moi), j’ai tourné la page et j’entame depuis ce matin un long congé retraite pour développer d’autres projets et découvrir de nouveaux horizons.

A vous qui avez été mes collègues de proximité à la communication, à la Galerie de l’Électricité, à la Villa Voltéa, au e-business, au marketing, à la Délégation régionale d’EDF, à la DDII (devenue DSIN et DIRIM), à la DRHT qui a dû ajouter un T à cause de notre détermination à vouloir booster la transformation du groupe ÉS,

A vous avec qui j’ai pris plaisir à bosser pour impulser l’innovation numérique et sociétale en interne (communautés Blockchain, M365, IA, Facilitateurs ÉS), en externe (Alsace Digitale, Hacking Industry Camp, Revell’East, Paddock Academy, Workathon, Communauté Transformation numérique et sociétale, Communauté Le facteur humain dans l’industrie du futur, Communauté des Offreurs de solutions 4.0, et surtout pour remettre le facteur humain au centre partout où l’on ne l’attendait plus,

A vous que j’ai pris plaisir à recruter, et/ou à aider à grandir et/ou à s’émanciper,

A vous qui avez partagé mes aventures de joueur et dirigeant engagé dans le foot à l'ASES Football avec les coupes de France CCAS (neuf fois gagnées) et les 35 tournois interservices que j’ai adoré organisés et que je continue à vous proposer (prochain FOOTà8 mixte de l’Énergie vendredi 12 juin 2026),

A vous qui m’avez suivi et me suivrez peut-être encore dans mes aventures sociétales avec l'AS Musau, Les Facilitateurs d’Alsace (prochain Café Parlote le 12/2/26), L'Atelier / École de la Deuxième Chance, Unis vers le sport, mais aussi mes aventures d’innov’acteur ou d’animateur littéraire.

A vous qui avez suivi la préparation ou apprécier visionner mon TEDx « Le permis d’être soi-même »,

A vous toutes et tous qui avez croisé ma route un jour ou un peu plus longtemps,

J’ai été heureux d’avoir essayé de vous transmettre mes connaissances, mon énergie et ma foi en l’humain, 
et je vous remercie vivement d’avoir alimenté mes connaissances, mon énergie et conforté dans ma foi en l’humain.

A l’occasion de mon départ, outre les cadeaux et mots doux que j’ai reçus, mes collègues, amis et enfants, m’ont concocté quelques belles surprises que je vous partage ici, en plus d'autres cadeaux qui reviennent sur ces années professionnelles.

Merci pour tout et peut-être bien à bientôt.

Bye Bye.