lundi 3 août 2020

Mes histoires d’eaux

Avec l’âge me reviennent des briques de vie et je commence seulement à comprendre qu’elles ont contribué à construire ma vie. Des rencontres, des lieux, des événements, des sensations individuelles et collectives, autant d’instantanés qui composent aujourd’hui les pages de l’album d’une vie.

Moi qui suis de la ville, pourquoi donc j’aime autant l’eau ?

Alors je me souviens avoir grandi près du canal et des péniches, avoir joué avec les fils des mariniers, avoir rigolé avec Pincemi et Pincemoi qui étaient dans un bateau, avoir appris à nager dans la mer adriatique, avoir marché dans les pierres de la rivière qui traversait la maison de campagne vosgienne de mon ami d’enfance, avoir traversé la Manche en hovercraft avec ce même ami, avoir inventé l’univers de Bateau-Rouge et Bateau-Blanc pour faire rire et peur et endormir mes enfants, avoir marché en famille dans les pierres des rivières des canyons du sud, avoir traversé les sables mouvants de la baie du Mont Saint Michel, avoir roulé le long de gorges et de côtes magiques en France, en Suisse, en Norvège, avoir toujours aimé lire les rimes évoquant les cours d’eau, faut-il qu’il m’en souvienne, avoir toujours aimé les livres évoquant les îles, à Aran, à Ellis Island, ou du côté des Lofoten comme en ce moment.

Aujourd’hui j’aime lire à quai, sur ma péniche préférée où à bâbord circulent les voitures et les cyclistes, tandis qu’à tribord nagent les cygnes et les canards et voguent les bateaux à touristes, un lieu entre rester et partir, un lieu immobile entre les mouvements, une péniche d’où l’on peut voir une église majestueuse à deux tours en regardant en arrière et une cathédrale millénaire à une tour en regardant devant, une péniche à quai qui invite au voyage.

Mes histoire d’eaux à moi.


jeudi 16 juillet 2020

Avoir une vision ou une idée est une chose, la vendre en est une autre

Publicitaire, enseignant, associatif engagé, civic-techos démocrate participatif, talker de TEDx, facilitateurs, blockchaîneur, ou booster d'innovation, mes vies convergent et le message que j'essaie de faire passer se résume ainsi : pour savoir où l'on va, il est important de savoir d'où l'on vient et d'avoir une vision de là où l'on veut arriver. Ensuite, l'essentiel est dans le chemin que l'on construit avec les compagnons de route que l'on croise, mais pas par hasard.

Entre vision et aboutissement des projets, le chemin n'est pas simple et les compagnons de route ne sont pas si évidents à trouver. 


Le 10 juillet dernier, alors que je surfais dans les ondes virtuelles de Facebook, je suis tombé sur une conversation qui résumait tout ce que je pense. Avec l'autorisation des acteurs concernés, je la reproduis ici.

 
Post Facebbok d'Alain Bregy le 10/7/2020


Bon, je vous reprends ici les échanges de ce jour merveilleux.

Alain Bregy
[ chronique de presque-déconfiné ]
Détresse enseignante post-Covid ? Bien fait pour eux.
Vers les années 2009-2010 on était un paquet de monde à tenter d'amener les structures universitaires vers les univers virtuels 3D (SecondLife en ces temps-là), présentant l'enseignement "avatarisé" comme
- solution économique (pas forcément besoin pour certains cursus courts de se trouver un logement en ville pour quelques mois),
- solution distante ouverte à tous (étudiants étrangers),
- solution conviviale (tous les avatars sont présents physiquement au même endroit dans des salles virtuelles pouvant se parler, échanger, construire des choses ensemble, prototyper des objets, etc),
- solution technique (outils innovants qu'on développait alors).
Et que croyez-vous qu'il arriva ? Rien. Mais alors rien de rien.
Pour ma part, j'ai approché à de nombreuses reprises l'Université de Strasbourg, rencontré à l'époque 3 vice-présidents, les services de com, fait des démos des outils que j'avais créé alors pour ça:
- 1er navigateur web mondial en monde virtuel,
- interactions directes par SMS,
- affichage de textes, de slides, de video/VOD en salle,
- confs avec intervenants du monde entier en direct,
- co-écriture entre avatars de textes,
- webapp mobile de transformation collective d'objets 3D,
- interactions directes entre monde virtuel et sites web en IA (SoniaBot),
- etc
et rien, mais alors rien de rien.
Et pourquoi ? Parce que se lancer dans cette expérimentation était perçu par les administratifs, enseignants, chercheurs et autres pontes, comme perdre du pouvoir et du contrôle. Et il n'y a rien qu'ils détestent tant que ça.
Ce qui leur arrive à cause du Covid est de leur seule et unique responsabilité pour n'avoir pas voulu mettre en place ces outils à une époque où on aurait pu le faire progressivement, à leur rythme, mixant présentiel et virtuel, adaptant peu à peu méthodes et apprentissages collectifs. Bien fait pour eux.

Alain Bregy

Vu passer un post il y a 2 ou 3 jours sur l'éducation nationale. En 2019 :
- budget outils numériques : 10 millions d'euros
- budget photocopies : 40 millions d'euros.
Tu le vois venir le problème ?
..et idem pour les entreprises mais c'est encore une autre histoire. Bien fait pour elles aussi. L'archaïsme de nos structures dirigeantes/décisionnelles est à peine croyable.

Crystopher Keo

Ça sert à rien d'être trop en avance

Alain Bregy
N'avance sur quoi ? Appeler "avance" la comparaison avec le retard structurel est... osé. A l'époque des universités US, japonaises, et autres avaient déjà des cursus virtuels 3D. On était en avance sur rien du tout, juste confrontés un gros retard à combler

Crystopher KeoEn avance sur leur retard et la fenêtre de tir pour les sortir de là tu veux dire qu'il aurait été possible pour eux de réaliser ça et d'adopter tes solutions pour éviter ces problématiques. Je pose l'hypothèse qu'elles étaient inévitables vu leur retard et que tu étais en avance sur le timing dans lequel il y a une fenêtre de tir pour casser le déterminisme strict..
Une idée même si elle est bonne ‚ n'est bonne que si elle devient adoptée et mise en place. Sinon quelque part tu as raté ton coup non ? C'est donc ta responsabilité

Alain Bregy
Habile mais insuffisant parce que tu sous-entends du coup qu'il aurait préférable de ne pas les contacter et d'attendre qu'ils soient prêts et demandeurs. Aurait-ce été mieux - équivalent - pire ?

Crystopher Keo
Non je pense que du coup il y avait nécessairement une stratégie pour que ton projet soit adopté contrairement au faux-dilemme proposé. Et qu'il aurait nécessité une sorte de connivence épistémologique ou simplement se mettre à leur niveau de retard... Les prenant par la main et les accompagner afin que l'objectif fut été atteint (problème de conjugaison) et qu'ils n'aient pas ce retard aujourd'hui.. bénéficiant de ton boost innovant.
Aurait ce été mieux équivalent pire que de venir des années après dire qu ils sont toujours en retard et ont refusé ta super solution ?
Ta part de responsabilité la dedans est supérieur à la leur. #dftt

Alain BregyC'est exactement ce qu'on leur a proposé (moi à Strasbourg, d'autres ailleurs) : de les accompagner, de les aider à appréhender outils et méthodes, à investir ces nouvelles formes de relations enseignant/étudiant. Y'z'ont pas voulu... ni ici ni ailleurs. Qu'y pouvons-nous ?

Crystopher KeoC'était en quelle année tout ça ? Histoire d'essayer de me projeter, voir où j'en étais

Alain Bregy
2007-2008

(...)

Alain Bregy
Juste un exemple pour le fun : j'avais envie il y a qques années de rencontrer le big boss des poteries de Betschdorf (haut-lieu symbolique de la poterie traditionnelle alsacienne) pour lui proposer d'envisager une production virtuelle de pots en 3D. Ça aurait marché comme ça :
- au lieu d'investir 2 millions d'euros dans un four qui cuit plus vite, ils les mettent dans l'innovation pour le marché mondial
- ils forment leurs employés à de la modélisation 3D (fichiers STL par ex)
- ils lancent la production de poudre de grès en cartouches bleues et grises (couleurs traditionnelles des Betschdorf)
- ils vendent ces cartouches dans le monde entier
En pleine crise Covid, un habitant de Tokyo (Tokyoïte ?) ou de Los Angeles qui veut un Betschdorf dans sa cuisine télécharge le modèle qu'il veut, payant 5 $ le load, se rend dans le fablab le + proche avec le STL sur une clé USB et s'imprime en 3D son pot en 1/4 d'heure.
Au lieu de ça ils ont dû fermer leurs ateliers pendant 2 mois et demi (C.A = 0), mettant le personnel à la charge de la collectivité. Bien joué.

Roger NiffleMichel Serres a vu et dénoncé cela depuis longtemps. J’ai connu ce temps où dans les colloques internationaux auxquels je participais il n’y avait presqu’aucun français. Quelques émergences comme Caroline, des expériences passionnantes à Taïwan et pas grand chose d’autres. Quant au virtuel on n’a pas beaucoup avancé sur le côté immersion simulations. Beaucoup écrit sur le concept de virtuel de racine VIR et déjà utilisé par Aristote et Thomas d’Aquin, sur une « cité macro pédagogique ». Il faut dire que les canons idéologiques de l’éducation nationale ou des universités ne savent rien de tout ça. A noter que le travail de proximité à distance n’a guère avancé. Étrange ce coup de pied dans la fourmilière qui va tout changer en peu de temps.

Alain Bregy...qui ne va surtout rien changer.

Roger NifflePas sur parce que ça viendra du terrain

(...)

Bernard Bloch
Il y a quelques années, ton post sur Betschdorf m’avait incité et permis de créer un cours sur l’innovation pour des m2 en e-commerce. Je sens aujourd’hui que je vais copier l’ensemble de cette conversation qui illustre vraiment bien mon propos. Entre just in time et DIY ! Merci à vous tous !!

Alain Bregy
Ahahah il aura au moins servi à qq'un lol ^^

CQFD.

mercredi 8 avril 2020

La crise d'adolescence professionnelle

Quand je discute avec mes étudiants en Master 2, j’essaye de leur faire comprendre notamment que dans six mois ils seront sur le marché de l’emploi et qu’il est temps qu’ils s’assument.

Les devoirs d'étudiants sont un vrai révélateur


Le moment de discuter des devoirs des étudiants est un vrai révélateur et m'offre une belle opportunité d'essayer de leur faire passer mon message. 

Je leur explique que la question pour eux n'est plus de faire un devoir pour obéir au prof et avoir au moins la moyenne. Si c’est un devoir, c’est qu’ils ont aussi un droit : le droit de se « faire mal » pour montrer non pas leurs connaissances mais leur compréhension des connaissances acquises et leur valeur ajoutée à la thématique abordée. 

Ce n’est pas un concours et il ne s’agit donc pas d’être meilleur que leur voisin. Il s’agit pour eux d’être meilleurs qu’eux-mêmes la veille !

L’une des clés pour apporter de la valeur ajoutée consiste selon moi à bien circonscrire une thématique pour éviter de tomber dans un dossier générique qui ne sera qu’une synthèse de documents vus de ci de là. En circonscrivant une thématique, il est plus simple d’aborder une problématique précise pour la traiter sous plusieurs angles et être force de proposition et de valeur ajoutée.

Avec mes Master 2 de Commerce électronique, quand un étudiant ou une étudiante me demande si je veux bien être son correcteur pour un dossier technique, je lui pose deux questions.

Quelle technique veut-il aborder ? J’essaye en effet de m’assurer de leur pertinence et de leur actualité dans la transformation numérique en cours. Les sujets qui m’ont été soumis cette année tournaient par exemple autour du référencement orienté expérience utilisateur, de la réglementation pour la protection des données personnelles, des drones, d’une plateforme e-commerce de revente, les influenceurs, … 

Quel est le domaine d’activité ciblé ? Cela peut être, la mobilité, le luxe, le textile, les loisirs, les voyages, le sport, l’énergie, la santé, … Je les incite aussi à restreindre le périmètre géographique étudié. Une étude portant sur le Monde sera plus générique qu’une étude portant sur le Grand Est par exemple, forçant l’étudiant.e à trouver des chiffres d’autant plus pertinents.
 

Oser rêver


Parfois, ils ne savent pas vraiment le marché qu’ils veulent étudier. Je leur demande alors de me dire dans quel domaine ou quelle entreprise ils rêveraient de bosser. Et quand ils m’ont répondu, je leur dis que c’est peut-être le moment de commencer à renforcer leurs arguments de recherche d’emploi avec ce dossier technique qui peut leur permettre d’apporter de la valeur ajoutée à leur futurs recruteurs potentiels. 



Oser se planter avant de réussir


Il y a quelques années, j’avais demandé à mes étudiants de m’expliquer le dernier article qu’ils avaient publié sur le blog de leur Master. L’un d’entre eux m’avait expliqué qu’il avait écrit un article synthétisant son dossier technique portant sur le référencement géolocalisé sur Facebook. 

Après l’avoir remercié d’avoir « osé » en parlait devant ses camarades qui ne s’étaient pas bousculer pour me répondre, je lui avais expliqué le fond de ma pensée. Je résume : même si la techno évoquée n’était pas très innovante, le problème de son sujet était plutôt qu’il était trop vaste. Si j’avais été lui, j’aurais par exemple abordé le sujet en circonscrivant la problématique au cas de la chaussette dans le Grand Est. 

Cela l’aurait forcé à étudier le marché de la chaussette et des fabricants, notamment Labonal implanté à Dambach-la-Ville, de voir comment, par qui et où ils distribuent leurs produits, d’étudier également le mix communication de ce marché précis du textile, pour alors proposer des pistes d’optimisation du référencement géolocalisé sur les moteurs de recherche et les réseaux sociaux. 

Oser s'assumer


Je leur ai également expliqué que s’il avait fait cela, il aurait pu promouvoir son article ensuite auprès du groupement des agences de communication et de webmarketing, auprès de groupements du textile nationaux et locaux, auprès du Maire de Dambach-la-Ville, ainsi qu’auprès du DG, du DRH et du DirCom de Labonal. Et il aurait même pu ajouter sur son CV une vraie ligne décrivant son étude, cliquable vers son article. 

Oser être soi-même


Cette problématique que j’appelle également la crise d’adolescence professionnelle (quand est-ce qu’un étudiant apprenant va devenir un adulte sachant à l’aise dans ses baskets ?) a été à l’origine d’un talk que j’avais développé pour le TEDx de La Rochelle en 2016 : Le Permis d’être soi-même

En résumé, j’expliquais que le Permis d’être soi-même s’obtient à condition d’avoir passé quatre étapes dans l’ordre : le permis de rêver ; le permis de se planter ; le permis de réussir ; le permis de s’assumer.

Ce matin d'avril 2020, profitant du confinement pour corriger des dossiers étudiants, j'ai pu me rendre compte que ce Permis restait vraiment d'actualité et que je n'ai pas fini de partager ce message.

lundi 14 octobre 2019

Journal de bord d'un hackathon

C’est parti pour la 5ème édition du Hacking Industry Camp


Vendredi 11 octobre 2019, 16h. C’est le début du #HICamp, organisé par Alsace Digitale et ÉS. 30 pitches de 1’ plus tard, les 130 participants en sélectionnent 14.


À ma grande satisfaction, tous les défis ÉS que j’ai accompagnés* sont sélectionnés (Visu Van, SOS Environnement, et celui que je porte, Co-voiturons), de même que celui de l'Eurométropole (Gymnase intelligent 4.0) et l’un d’Ophéa (Inside Renov), ainsi que les deux projets (Okazoo et Self Made People) ayant émergé lors des sessions que j'avais organisée avec mon association Blockchain Valley, et Great Air. C’est déjà une belle victoire !

C’est ensuite l’heure du recrutement de chaque team.


L’ami Khalil Chtourou rejoint mon projet de covoiturage professionnel, ainsi que Albéric Barret, Hamza Nait hmid, Imane AIT ELOURF, Julien Durand, Thomas Lefevre et William Herzog, PhD.


On nous attribue ensuite une salle où nous partons faire connaissance entre nous. Je prends ma casquette de facilitateur pour animer les premiers échanges. Y a pas photo, j’ai avec moi une super team !


Après une tarte flambée, retour en salle pour parler de mon défi d’organisation de réunions bas carbone. On se questionne, on enrichit, on surenchérit, on explore les pistes et on réduit enfin le champ des possibles pour se rapprocher d’une solution de covoiturage bas carbone, démontrable dimanche après-midi.


Il est 1h du matin et nous laissons nos quatre développeurs avancer leurs travaux durant une partie de la nuit. Ce matin, place au marketing et au business model.

J2 du #HICamp


Suite des travaux de notre team « Covoiturons c’est tout bon ! »

Petit déjeuner-retrouvaille après cinq petites heures de sommeil réparateur. Hello Angélique et Joël, mes collègues, hello les autres.

Café, croissant, café, café, café ... et c’est reparti avec la super team. En plus, Pascal Hauth, mon collègue d'ÉS responsable de la santé-sécurité et de l'environnement, nous a rejoints. Super sympa et utile car la problématique initiale, c’est lui qui m’en a parlé en juillet dernier.


On repart sur nos chantiers en binôme et on fait des points collectifs toutes les deux heures, laissant à chacun la possibilité d’assister aux conférences.


Sur les écrans de nos développeurs, le synoptique devient une succession d’écrans cliquables qui concrétisent notre idée.


Pendant ce temps, on s’attelle à préciser le business modèle, à écrire et scénariser le pitch final de 3’, puis à le jouer quelques fois pour le tester.


On brainstorme ensuite pour trouver le nom de notre appli. Je peaufine le pitch et les écrans avant d’envoyer le texte à mes codéfieurs qui doivent encore l’apprendre quasi par cœur d’ici 9h.

Zut, il est près de 1h. Ok, je rentre dormir un peu.

Le rendez-vous J3 est fixé dans quelques heures, à 7h30.

Troisième et dernière journée du #HICamp


7 heures de sommeil en 48h, ça commence à peser à mon âge. En fait, c'est plutôt le contraire, l’euphorie de la fatigue stimule mes zygomatiques et mes neurones.

On s’était donné rendez-vous à 7h30 et on est au complet à 8h30. Ce n'est pas grave, on débriefe et on s’active pour le pitch training de 11h15.

Pour tenir le délai, on décide dans l’urgence d’animer le Powerpoint au clic manuel plutôt que d’enregistrer une séquence vidéo de 3’ comme je l'avais fait lors des deux derniers #HICamp.


C’est l’heure du pitch training. Après nos 3’ d’intervention, on est assez contents de nous... jusqu’à ce que nos coaches nous dézinguent. Mais en toute bienveillance et leurs conseils sont vraiment judicieux. Moi qui ai un problème de lâcher-prise, là je suis servi. Alors que je devais parler 2’30 sur les 3’, je me retrouve réduit à un temps de parole de 30’’. Mais le résultat est bien plus fluide effectivement.

On affiche nos présentations visuelles et orales et on raccourcit encore les contenus pour gagner en effet wouaw. On ajoute les annexes financières, le logo et les nouvelles photos, on met à jour le sparkboard et on débranche tout, on range la salle, on descend enfin dans l’amphithéâtre pour les pitches finaux et la remise des prix.

C’est l’heure des pitches finaux et des résultats du jury


Nous passons en troisième.
> Télécharger la présentation commentée de Weeting


3’ de pitch et 2 questions plus tard, nous ressortons de l’amphi et je pousse un grand Yeeeaaahhh de soulagement. On se congratule tous pour le taf accompli durant ces heures passées.

Retour dans l’amphi pour apprécier les autres pitches puis à l’annonce des résultats. Et là c’est génial pour mes collègues d’ÉS. SOS Environnement remporte le Premier Prix ! Et Visu Van décroche le Prix Femme Entrepreneure et intègre automatiquement le programme d’accompagnement d’Orange !



Quid des autres défis que j’ai accompagnés ? Gymnase intelligent 4.0 et Inside Renov sont également récompensés. De même que Okazoo et Great Air !

Et nous ? Et bien, Weeting repart bredouille. Je suis triste pour nos étudiants qui ont super bien bossé, et déçu pour le projet lui-même qui n’était peut-être pas le plus high-tech, mais qui, je pense, aurait été l'un des seuls rapidement profitables pour les entreprises et leurs salariés.

Voilà, c’est la fin du #HICamp 2019. Vraiment bravo à Alsace Digitale (big up Catherine Mosser et Yannick Jost !), aux bénévoles et aux coaches.

(c) Alsace Digitale
* En tant que Coordonnateur de l'innovation et des partenariats innovants d'ÉS, je m'occupe notamment de la co-organisation du Hacking Industry Camp, avec Alsace Digitale. Voir mon article précédent.


dimanche 6 octobre 2019

Co-voiturage, hackathon, intelligence collective

En tant que Coordonnateur de l'innovation et des partenariats innovants d'ÉS, je m'occupe notamment de la co-organisation du Hacking Industry Camp, avec Alsace Digitale. Du coup, j'essaie d'aider l'éco-système régional, ma boîte et mes collègues à relever des défis pour améliorer notre présent et anticiper notre avenir. C'est ainsi que je vais porter un défi que m'a suggéré mon collègue responsable du Pôle Sécurité, Environnement & Management et qui, au départ, consiste à trouver une idée simple pour favoriser le covoiturage professionnel pour nos déplacements inter-sites.

Favoriser le covoiturage professionnel pour nos déplacements inter-sites


Il y a deux mois, Pascal m'a demandé de l'aider à "faciliter le développement du covoiturage de nos salariés dans leurs déplacements entre nos différents sites en Alsace". Et de me préciser que cela permettrait de diminuer le bilan CO2 d'ÉS et, à-une-bien-moindre-mesure-mais-quand-même, celui de la planète. Cela diminuerait les risques d'accident et les frais kilométriques à rembourser. Et, en plus, cela pourrait améliorer les échanges entre collègues !

N'ayant pas spécialement de budget pour ce projet ni d'expertise informatique particulière, Pascal imaginait une solution simple, de type un formulaire de proposition de covoiturage, accessible sur notre Intranet.

Étant moi-même souvent concerné dans mon entreprise, j'ai vite vu ce qu'une solution pourrait m'amener dans ma vie professionnelle courante, comme dans celles de millions d'autres salariés sur la planète. Et en me situant côté utilisateur de la solution, ma première idée a consisté à mobiliser la communauté Microsoft Azure pour voir s'ils sauraient apporter des ajouts à Outlook pour faciliter le co-voiturage avant et après les réunions de travail.

Covoiturons, c'est tout bon !

Notre défi au Hacking Industry Camp


Après en avoir parlé avec des experts Azure, j'ai eu confirmation que l'idée était intéressante et c'est aujourd'hui un défi que je proposerai de relever lors du #HICamp qui se tiendra du 11 au 13 octobre à l'INSA Strasbourg.


Quel problème tentez-vous de résoudre ?
J'en ai marre d'aller à des réunions distantes alors qu'on pourrait utiliser la visioconférence, ou fixer des rendez-vous à des endroits plus faciles d'accès pour tous, ou favoriser le covoiturage. L'idéal serait même de faire tout cela en lien avec mon agenda électronique en optimisant la connaissances des spécificités de chaque lieu et de chaque participant. Cela diminuerait non seulement les risques d'accidents, l’impact carbone et les coûts engendrés, mais cela favoriserait aussi le lien social entre des collègues qui ne se connaissent pas toujours.

Comment envisagez-vous de le résoudre ?
A ÉS, nous disposons d’un logiciel pour gérer nos e-mails, nos agendas et nos réunions (Office 365), et d’un autre pour gérer nos frais de déplacement. Je vois aussi que dans le privé Citiz ou Blablacar favorisent l’autopartage et le covoiturage, mais sans disposer de toutes les fonctionnalités souhaitées pour une application interne. Du coup, je me suis dit qu'il devrait être possible de proposer à des collègues de covoiturer quand ils se déplacent entre deux sites. La solution numérique permettrait d’indiquer s'il s'agit d'une demande ou d'une offre de trajet, préciserait les sites de départ et d'arrivée concernés, les horaires, le nombre de personnes, etc. La solution permettrait aussi à l'entreprise de disposer d’indicateurs pour suivre l'évolution des paramètres environnementaux, financiers et sociaux de cette action. Je suis persuadé qu'avec des développeurs et experts en logistiques diverses et variées, une solution pourrait être trouvée, laquelle serait aisément duplicable à d'autres entreprises. Et je pense même que la communauté Azure de Microsoft pourrait faire partie des brillants contributeurs . Et, on peut rêver, peut être que cette idée sera demain un service de base proposé par Microsoft ou un autre acteur majeur !


Comme j'ai vraiment envie de creuser cette question et de revivre la formidable expérience du #HICamp*, j'essaie de relayer ce défi sur les réseaux sociaux afin de challenger l'idée de départ et d'essayer de faire venir des marketeurs, des informaticiens, des spécialistes des transports.

Qui veut optimiser le covoiturage professionnel avec nous ?


J'ai publié hier sur Linkedin un article que j'ai intitulé "Qui veut optimiser le covoiturage professionnel avec nous ?".

Et pour le porter à connaissance des socionautes, je l'ai  partagé auprès de mes contacts susceptibles d'être intéressés par cette thématique.
Ce qui est intéressant, ce sont les échanges qui s'ensuivent, en privé ou en public, à l'instar de celui de ce matin avec Frédéric Varlet, data scientist impliqué dans l'écosystème de l'innovation dans la région.

Frédéric m'interpelle ainsi : "Et qu'en est-il d'une solution plus générique qui ne se focalise pas que sur les outils Microsoft ?"

Du coup, cela me force à préciser ma pensée, mes idées, et ainsi enrichir le champ des possibles.

"Je suis ouvert à tout. Surtout pour en faire bénéficier mon entreprise et des milliers d'autres en aidant des développeurs à créer leur start-up ou des éditeurs à enrichir leur offre. Cela étant, je crois beaucoup à la simplicité de l'expérience utilisateur. 

L'acte premier consistant à ouvrir mon agenda (en l'occurrence Outlook, très répandu dans le monde professionnel) pour inviter des participants ou accepter de participer à une réunion, les autres paramètres (lieu physique, équipements mobiliers et audiovisuel, configuration de la salle, lieu de départ et de retour de chacun, ...) doivent néanmoins être interconnectés pour faciliter l'organisation. 

On devrait aussi pouvoir calculer un indicateur santé-sécurité : par exemple, si le risque d'accident automobile est de 1 pour 200 km, alors 20 déplacements individuels de 20 km représentent 2 risques, donc 20 participants co-voiturés dans 5 véhicules effectuant un total de 100 km diminuerait le risque à quasi zéro (en théorie). 

La gestion des réunions devrait même permettre de privilégier la web-conférence, puis le co-déplacement tout en géo-localisant le lieu de rencontre idéal générant le moins de km global (et donc de CO2 et de risque santé-sécurité diminués). 

Un beau défi, non ?"

Et maintenant ? 

  • Pour voir le défi Covoiturons, c'est tout bon, c'est par ici
  • Pour tout savoir et s'inscrire au Hacking Industry Camp, c'est par là
  • Et pour me contacter, et bien il suffit de m'écrire !

A propos de mes deux expériences précédentes au Haking Industry Camp


  • 2017 : SuperKop, un défi pour contribuer à dynamiser le Racing, son Stade de la Meinau et ses supporters via les Ultras Boys 90. Projet qui n'a malheureusement pas intéressé le Racing qui, à l'époque et je le comprends, préférait réussir à se maintenir en Ligue 1 (encore merci Dimitri !)
  • 2018 We-Data, un défi pour redonner à chaque citoyen la maîtrise de ses données personnelles tout en facilitant la vie des entreprises, défi devenu IEGO, une startup que nous sommes en train de créer. Voir mon précédent article De We-Data à IEGO)

jeudi 20 juin 2019

Happy'taf

Merci à toi qui te reconnaîtra.


Bosser ou vivre est parfois un saut dans l’inconnu. Pour moi, ça l’est presque toujours. Rêver, se planter, rebondir, assumer, propager.

« Routiner » ou innover, ça fait bien longtemps que mes tripes, mon cœur et ma tête ont répondu à ma place. Et je sais n’attendre rien de personne. Des dizaines d’années de taf et de bénévolat m’ont appris la modestie et surtout l’humilité. Et oui. Je ne bouge pas pour des remerciements, mais je me bats pour essayer de faire avancer mes idées et surtout mes convictions.

Depuis plusieurs années, dans mon nouveau job, j’essaye de convaincre que les innovations, ce ne sont pas des grandes idées qui révolutionnent le monde, mais parfois et même très souvent des petites idées qui changent la vie de quelques uns. Des idées qui permettent à des anonymes d’oser et de se révéler.

Ce qui m’intéresse, ce sont toutes ces graines qui ne demandent qu’à germer, ces êtres humains qui ne demandent qu’à aider à faire avancer le Schmilblick, celui de leurs proches, de leur entreprise, de leur association, de leur ville. Désengagés ? Au contraire, ces graines ne demandent qu’à être semées et arrosées.

Comme le disait un sage, « la vérité n’est pas au bout du chemin ; la vérité est le chemin même. » Alors je trace ma route. Fort de mes convictions. Sans rien n’attendre en retour. Mais parfois, alors que tu ne t’y attends vraiment pas, tu captes un signal qui te confirme ce qui te donne envie de te lever le matin, de bosser la journée et un peu le soir, qui te conforte dans tes convictions.

Cette semaine, c’est un message privé que j’ai reçu d’un collègue que je ne connaissais pas un mois avant. Un message plein de force et d’étoiles et d’ondes très positives. Un message qui te rebooste encore un peu plus et qui te lève des doutes qui me traversent parfois l’esprit.

Et oui, ce message, que son auteur a décidé et pris le temps d’écrire en pesant chacun de ses mots, m’a fait un bien fou. Alors merci à toi qui te reconnaîtra.

samedi 25 mai 2019

De e-Moi à We-Data et aujourd'hui iEGO (#HICamp 2)



Il y a quelques mois se terminait le Hacking Industry Camp. Après 54h de cogitations numériques, notre projet « e-Moi, mon double électronique » était devenu « We-Data, maîtrise ta vie ». Et We-Data avait convaincu le jury qui lui avait remis le prix de la « Meilleure solution service », ainsi que le « Prix Grand E-nov Semia ». Aujourd'hui, le projet we-data est devenu une startup baptisée iEGO.


« Vous je ne sais pas, mais quand j’envoie un justificatif de domicile ou un RIB à un organisme, je ne sais jamais ce qu’il va vraiment en faire. Moi, je rêve d’une solution où je déciderai moi-même de qui peut utiliser mes données personnelles et de qui n’en a plus le droit.  Et c’est justement ce que pourrait permettre une blockchain. » Ça, c'était le début de mon pitch qui allait nous permettre d'être sélectionnés pour être développés durant le Hacking Industry Camp (#HICamp) d'octobre dernier.

L’idée que j’avais eue avec Didier Altide, mon alter ego en charge de l‘innovation dans une autre grande entreprise, était de trouver une solution pour simplifier la vie administrative des citoyens. 

Une solution concrète

We-data permet d'une part d'éviter les impressions et les déplacements inutiles, d'autre part de simplifier les processus entre les organisations et les individus, mais aussi entre les organisations elles-mêmes et entre les individus eux-mêmes. Et toujours après consentement du propriétaire des données.

Une solution responsable

Avec We-Data, chaque individu décide lui-même qui pourra utiliser ses données personnelles et qui ne le peut plus.

Une solution décentralisée et d’autant plus sécurisée

Le temps du hackathon, l’équipe constituée a fait évoluer le potentiel de l’idée : en combinant deux protocoles décentralisés de Blockchain et de partage de secret, notre solution protégera les données personnelles et les libertés individuelles de chacun.

We-Data apportera un changement radical en terme de modèle business et sociétal puisqu'il permettra de s'abstraire d’un acteur centralisateur.

Du projet We-Data à la startup en devenir

Deux mois plus tard, où en sommes-nous ?

Notre équipe s’est resserrée autour de Didier Altide, Julien Brodier, Thibaut Labbé, Isabelle Le Gall, David Réveillon, et moi-même. Et nous travaillons d’arrache-pied : montage juridique et financier de la société, recherche de nom et de marque, mobilisation de l’écosystème régional, multiples rencontres d’avant-vente, échanges avec les prospects partenaires des cas d'usages à valider dès 2019…

Depuis, We-Data a été rebaptisé iEGO et ambitionne en effet de réunir en 2019 plusieurs partenaires incontournables du quotidien des habitants d’un même écosystème. Le but est que chacun intègre l’écosystème vertueux de iEGO avec un cas d’usage et participe au financement du Minimum Viable Product (MVP), qui sera alors lancé en pilote.

Bientôt, iEGO sera devenu une société. Et à l’issue de la première phase, suivant les retours d’expérience, iEGO entrera en phase de commercialisation.

A suivre.