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vendredi 22 août 2025

Un club devrait se gérer comme une entreprise

Un club devrait se gérer comme une entreprise. Cela semble évident, mais c’est hélas compliqué car rares sont les managers professionnels dans les comités des clubs de football. Cela n’empêche évidemment pas le bon fonctionnement des clubs, mais cela limite le champ des possibles dans leur développement.


Fin juin, notre club de l’AS Musau comptait 470 membres dont une quinzaine élus au Comité, 70 éducateurs, 240 footballeurs, 160 footballeuses, 240 enfants mineurs. A noter qu’une grande partie de nos membres habite l’un des trois quartiers prioritaires qui nous entourent : Ampère (Musau), Neuhof-Meinau, Risler (Neudorf). L’air de rien, nous gérons 470 « salariés ».

Éduquer les membres du club aux règles du foot, mais aussi aux valeurs citoyennes et au vivre ensemble


Outre l’apprentissage des règles du foot et l’amélioration de la pratique, un club a également des valeurs et un vivre ensemble à assurer. De nombreuses actions sont ainsi menées par l’ensemble des clubs sur ce socle de base.

Certains clubs ont appris à s’appuyer sur le Programme Educatif Fédéral développé par la Fédération Française de Football depuis 2014. Cet outil pédagogique - destiné aux ligues, districts, clubs amateurs et professionnels - vise à former les jeunes licenciés, de U6 à U19, sur des thématiques telles que les règles du jeu, la santé, l'environnement, et l'engagement citoyen. Le PEF propose ainsi plus de 200 fiches éducatives adaptées aux différentes tranches d'âge, permettant aux éducateurs d'accompagner les jeunes joueurs dans leur développement.

Côté Musau, notre secrétaire, Estelle Moutinho, est notre référente PEF et nous réalisons plusieurs actions chaque année auprès de nos 200 jeunes, notamment autour des questions de harcèlement et d’hygiène alimentaire.

Gérer un club comme une entreprise


470 membres, ce sont 470 « salariés » à gérer et un budget conséquent à assurer chaque année. A l’AS Musau, notre dernier budget annuel approchait les 180.000 euros, mais en réalité 415000 euros en intégrant les dons en heures offertes par nos bénévoles.

Alors oui, il faudrait gérer un club, comme une entreprise. D’ailleurs, la littérature aborde souvent cette question sous le seul angle comptable avec un volet partenaires économiques et sponsors, à l’image de l’article Une association sportive se gère comme une entreprise, publié par Jacques Moreau (expert-comptable) en février dernier.

A l’AS Musau, c’est exactement ce que nos présidents et nos comités avons fait évoluer avec des experts métiers dans les différentes instances de décision du club. Ce n’est pas fini et on continue à nous professionnaliser, au fur et à mesure des profils de nos nouveaux membres.

Comme une entreprise, il nous faut aussi aborder d’autres défis : cybersécurité, RGPD, responsabilité sociétale, charte de la diversité, éthique et conformité, …


J’ai la chance de travailler dans une grande entreprise et je vois fleurir la communication sur de nombreux nouveaux défis à relever en termes de transformation numérique, sociétale, environnementale, etc. Régulièrement, notre entreprise nous sensibilise avec des articles, des webinaires, des e-learning et des formations sur ces thématiques pour nous informer et essayer de nous conscientiser et de nous responsabiliser. De plus, elle propose et partage des outils en nous incitant à en faire profiter nos proches, notamment sur la cybersécurité.

Ces dernières semaines, j’ai commencé à relayer sur notre site Internet des outils qui pourraient aider les familles de nos membres sur différentes questions : aide aux devoirs de vacances, sensibilisation à la cybermalveillance, par exemple.

Nous devons aussi et surtout former et sensibiliser nos éducateurs et dirigeants, bref nos « cadres », qui porte et représentent l’autorité et les valeurs du club.


Nous avons d’ores et déjà programmé deux ateliers. Le premier atelier portera sur la Cybersécurité et la protection des données personnelles (RGPD). Notre club manipule en effet de nombreuses datas et la réglementation s’impose à nous comme à tout organismes. Il nous appartient donc d’y sensibiliser tous nos cadres.

Un second atelier, d’ores et déjà programmé, abordera la Diversité. Différences de genre, de génération, de culture, respect des personnes, handicap, égalité des chances… Les sujets sont nombreux mais, plus que des contraintes, nous les voyons comme autant d’opportunité d’action qui non seulement contribueront à renforcer la cohésion d’équipe de nos cadres éducateurs et dirigeants, à professionnaliser notre club, à rassurer nos membres et leurs familles, à assumer notre rôle « d’église » au milieu du village.

L’AS Musau, booster du quartier ?


A défaut d’église du village, nous sommes bien conscients de notre rôle social et déjà bien engagé dans l’épanouissement de nos 470 membres. Et leurs familles.

Avec France Travail et la Mission Locale, nous avons décidé d’aller plus loin pour aider les habitants du secteur à aller vers l’emploi, mais aussi à susciter et valoriser leurs engagements bénévoles et leur orientation professionnelle avec l’aide d’entreprises partenaires.

Les sujets et les défis à relever sont nombreux et comme je l’affiche sans me cacher, je veux faire de l’AS Musau un modèle de club socialement responsable, dans toutes ses dimensions RSE, sociétale, environnementale, et économique.

En attendant, nous entendons aider au développer et booster la dynamique de notre territoire et de ses habitants.

Et si on en parlait ?

  • Vous êtes chef d’entreprise ou DRH ? Vous voulez que nous en discutions ? Vos commentaires et messages sont les bienvenus.
     
  • Vous jouez au foot ou pas du tout mais notre projet vous intéresse ? Idem, n’hésitez pas à me contacter !
A bientôt
Bernard Bloch

samedi 1 février 2025

Et Strasbourg inventa les réseaux sociaux en ligne...

The Legacy of Johannes Gutenberg: Pioneer of the Printing Revolution


Ma casquette de prof m'amène à corriger des dossiers techniques de mes masters 2 "Commerce électronique" ou "Droit de l'économie numérique) qu'ils suivent à la Faculté de Droit de Strasbourg.

Ce matin, j'ai ainsi corrigé un dossier d'une de mes étudiantes "Comelec" consacré au community management à l'heure de l'intelligence artificielle générative : "Community Manager 2.0. : analyse technique de l'intégration des solutions d'IA".

A quelques nuances près, j'ai trouvé son dossier excellent, assez complet et très pédagogique.

En lisant la page 6 de son dossier, j'ai toutefois été interpelé par son graphique qui illustre la timeline des réseaux sociaux.


Il se trouve que je suis Strasbourgeois et que j'ai dépassé les 60 ans. Aussi, je me souviens que Les Dernières Nouvelles d'Alsace ont inventé les réseaux sociaux 27 ans avant Facebook !
 

Les DNA inventent Facebook dès 1986

 
Je viens ainsi de faire remarquer à mon étudiante que ce graphique qu'elle reprend omet de rappeler qu’en France, Trombi.com (lancé en 2000), puis « Copains d’avant » (2001), ont lancé la dynamique des réseaux sociaux sur Internet, avant Facebook (lancé en 2004). 

Je pense aussi l'avoir surprise en lui indiquant que dès 1981, sous l’impulsion de son informaticien Michel Landaret, les Dernières Nouvelles d’Alsace avaient un site Minitel, 3615 "Gretel", qui s'est transformé en une messagerie instantanée (au rythme des modems de l’époque). 

Après Gutenberg qui inventa l'imprimerie vers 1440 dans son atelier situé à Strasbourg (Koenigshoffen), ma Ville a donc aussi bercé l'invention des réseaux sociaux en ligne, 27 ans avant Facebook ! 


Le paiement en lignes des factures d'électricité dès 1984 ! 


Reprenant ma casquette d'innov'acteur au sein du groupe ÉS, je me suis souvenu qu’Électricité de Strasbourg (devenu ÉS) permet à ses clients de payer en ligne leurs factures d’électricité depuis 1984 déjà. Mon collègue de l'époque, Patrick Tiesler (parti trop tôt et dont je garde une pensée émue), avait ainsi développé un site Minitel de notre entreprise, à partir duquel nos clients pouvaient déjà payer leurs factures d'électricité via une solution sécurisée du Crédit Mutuel, autre fleuron du patrimoine des entreprises strasbourgeoises.

J'ai plus tard monté le pôle e-business de ma boîte et mis en ligne notre premier site Internet en 1998, conçu avec Catherine Ledig (qui avait créé l'ADEC à La Walck). J'ai ensuite complété mon cursus en passant ce même master Comelec en 2003 à l'EM Strasbourg. Cette étape m'a alors permis de gérer la création de notre Intranet (2001) avant de déployer nos agences en ligne et de permettre à tous nos clients de payer leurs factures en ligne sur Internet dès 2004 ! 
(Pensée à vous Emmanuelle, Sendil et Tanguy !)


Bref.
En Alsace, si on a plus de pétrole, on a quand même des idées… et plein d’énergies renouvelables !

La raison d’être de ma boîte, « Éclairer les nouveaux horizons de l’énergie en Alsace », n’a pas donc pas attendu le XXIe siècle pour en faire la démonstration !

Aller plus loin

mardi 23 mai 2023

Mini-entreprise et hackathon, même combat !



Troisième titre d’affilée de Champion d’Alsace Insertion Emploi du Festival des mini-entreprises organisé par Entreprendre Pour Apprendre Grand Est* pour la mini-entreprise de L'Atelier - École de la Deuxième Chance du Bas-Rhin** !

En tant que mentor de leurs mini-entreprises depuis 3 ans, j’avoue que je suis conforté dans ma pédagogie, la méthodologie et les outils, mais surtout fier de ces jeunes et de leurs formateurs !

2022/2023 : NELD, Nous Éclairons La Différence
s’attaquait au harcèlement scolaire, notamment morphologique et vestimentaire. Leur solution : des ateliers de sensibilisation et un tee-shiirt pour marquer les esprits ! NELD a aussi décroché mais aussi deux médailles d’argent « Meilleur esprit d’équipe » En France, 10% des jeunes qui vont à l'école sont victimes de harcèlement. Cela représente 1 millions d'enfants et d'adolescents
Lire un article que j’avais écrit sur NELD après un atelier organisé à l’AS Musau
Voir aussi le clip de présentation de NELD et leur compte Instagram


2021/2022 : Les Editions du Cœur a conçu et réalisé un livre de recettes concoctées par des personnes âgées, un support qu’ils ont utilisé dans des ateliers ludiques intergénérationnels organisés dans des EHPAD. Voir leur compte Instagram


2020/2021 : Challenge Us a développé un projet pour renforcer le lien social. Leur solution ? Un jeu de défis à relever, entre voisins ou… entre amoureux :-)
Voir le clip de présentation de Challenge Us ! Et leur compte Instagram



Sans oublier...

2019/2020 : Hedja s’est s’engagé dans un projet associant le milieu du handicap et les animaux. Ils ont fabriqué des jouets pour animaux avec des personnes handicapées (handicap moteur ou mental) et leur ont proposé des sorties au sein de structures comme la SPA.
Voir le clip de présentation de Heja

2018/2019 : Les Bizarreries du Jardin a développé un projet pour renforcer le lien intergénérationnel autour des fruits et légumes soi-disant moches (au vu des exigences de Bruxelles) mais propres à la consommation. Leur solution ? Des fruits récupérés pour les déguster à l’occasion d’animation (quizz, super loto, jeu olfactif et réalisation de plats) en EHPAD



Au-delà des récompenses sur le papier, de véritables expériences apprenantes !


Une mini-entreprise est une mini start up qui doit relever les mêmes défis qu’une équipe-projet lors d’un hackathon :
  • Un ou plusieurs porteurs de projet ;
  • Des coéquipiers qui ne se connaissaient pas et qui se découvrent ;
  • Un espace-temps réduit pour imaginer et développer une idée, et prouver son efficacité : un week-end pour un hackathon, une centaine d’heures scolaires pour une mini-entreprise ;
  • Et un concours final pour présenter un résultat concret et concis devant un jury de professionnels.
Comme j’aime à le dire souvent, « un hackathon est un accélérateur de développement personnel et professionnel. » Et c’est évidement le cas pour les mini-entrepreneurs.
  • Timides et pas du tout sûrs d’eux-mêmes au début ;
  • Des « apprenants » améliorant leurs savoir durant le développement de leur projet ;
  • Des « sachants » rassurés par leurs forces et faibles et leur capacité de jouer collectif pour concrétiser, vendre et valoriser leur projet.
Je suis un peu bisounours me direz-vous ? Et bien non et j’insiste, un jeune qui participe à un hackathon ou une mini-entreprise n’est plus le même à l’issue de l’épreuve, et il est clairement plus mature que ses collègues qui ont regardé le train passer sans y monter.

Entre temps, leurs formateurs et mentors auront su mettre en oeuvre leur pédagogie, méthodes et outils pour aider les entrepreneurs en herbe à organiser leur plan projet et structurer leurs idées. Bravo à eux !

En savoir plus sur…


* EPA Entreprendre Pour Apprendre

EPA Entreprendre Pour Apprendre est une association qui vise à développer l’esprit d’entreprendre auprès des jeunes, en leur faisant vivre une aventure entrepreneuriale collective qui donne à chacun.e le pouvoir de faire grandir ses idées et sa personnalité.

La Mini-Entreprise® est un programme pédagogique concret destiné à donner à chacun le pouvoir de se réaliser.

Dans le Grand Est, ce sont ce sont près de 3 000 collégiens, lycéens, post-bac (étudiants) et jeunes en structure d’accompagnement à l’emploi du Grand Est qui participeront à la finale régionale en mai prochain, organisé par Entreprendre Pour Apprendre Grand Est.

** L'Atelier (Centre de formation) et l'École de la Deuxième Chance du Bas-Rhin

L'Atelier (Centre de formation) est une association implantée dans le Bas-Rhin depuis 1981. L'Atelier soutient l’insertion sociale et professionnelle par la promotion d’activités en lien avec le monde du travail. L’association gère depuis ses débuts un centre de formation et elle a porté, durant les vingt-cinq dernières années, plusieurs projets locaux qui sont aujourd’hui des structures autonomes dans le champ de l’insertion : une régie de quartier, une structure d’accueil et deux entreprises d’insertion.

L’Ecole de la Deuxième Chance du Bas-Rhin (E2C67)permet de travailler le projet professionnel et de se remettre à niveau.
Pour les 16 – 25 ans : Parcours2 et E2C67 (École de la Deuxième Chance du Bas-Rhin)
Pour tout public à partir de 16 ans : Hôtellerie/restauration et Espaces verts
Pour les plus de 18 ans : des structures de redynamisation et d’accompagnement socio-professionnel à travers le Bas-Rhin.

Depuis plusieurs années, sous l’impulsion de leur formateur référent, Jean-François Kratz, une équipe de l’E2C67 participe au championnat des mini-entreprises EPA.

samedi 14 janvier 2023

Offreurs de talents, ou le recrutement inversé


Quand je vois que chaque année, 100 000 jeunes sortent du système scolaire sans emploi ni qualification, qu'ils galèrent et dépriment, cela m'horripile. Et pourtant, ce n'est pas le boulot qui manque en ces temps de reprise post-COVID. Alors l'an dernier, j'ai voulu challenger la dynamique de recrutement des entreprises à l'occasion du Hacking Industry Camp, un évènement de 54h organisé chaque année à Strasbourg et destiné à bousculer les idées et à faire émerger de nouveaux projets.

Pour celles et ceux qui me connaissent, vous le savez, le facteur humain est un sujet qui me passionne et pour lequel je mobilise une grande part de mon énergie : en tant que salarié dans mon entreprise, en tant que prof, en tant que coache de mini-entreprise ou de startups, ou en tant que bénévole engagé dans des associations sportives, dans la facilitation ou dans le développement de talents cachés.

A l'aube de mes 60 balais, je suis arrivé à un stade où mes différentes vies ont fini par converger et cela me permet de mobiliser mes talents acquis au profit des projets qui me tiennent vraiment à coeur.

On propose plein d'offres d'emploi et on ne trouve pas !

Pour le Hacking Industry Camp 2021 déjà, j'avais envisagé de porter un défi visant à trouver une solution pour aider mon entreprise à aller chercher les demandeurs d'emploi dans leur parcours de vie plutôt que de les inciter à venir sur notre site web, sur un stand de job dating ou à réagir à une de nos offres d'emploi. Mais pour diverses raisons, j'étais parti sur un autre projet.

Et puis cette année, en préparant le #HICamp 2022 avec Yannick et Franck, mes potes d'Alsace Digitale, j'ai repris mon projet pour finalement complètement le transformer et inverser le paradigme en zoomant ma caméra sur les jeunes, notamment ceux que je côtoie dans les clubs de foot des quartiers en difficulté de ma ville, ceux que j'accompagne à l'École de la Deuxième Chance, et les enfants de mes potes qui sont eux aussi en galère et désorientés face aux défis de ce monde que, nous, leurs parents, ne semblent pas prendre au sérieux, à leurs yeux. 

Hacking Industry Camp, vendredi 25 novembre 2022, 18h30, j'ai une minute pour pitcher et convaincre les participants de retenir mon défi parmi les projets qui auront le droit d'être challengés pendant les 54 heures du hackathon. Seul en scène, je me lance.



"Bonjour, je m’appelle Bernard et j’ai la chance d’avoir plusieurs vies : manageur, prof de fac, responsable associatif, conférencier, coach de jeunes.

Les jeunes, parlons-en justement. 


On vous appelle des demandeurs d’emplois alors que vous êtes des offreurs de talents, avec plein d’expériences privées, associatives et professionnelles, forts de plein d’amis qui vous adorent pour tout ça.

Et en face, il y a les recruteurs. On lit partout qu’ils sont sous tension, on encense les soft skills, on dit que le CV est dépassé. So what ?

Durant ce week-end, je veux prototyper une plateforme vous permettant de vous positionner en tant qu’offreurs de talents et de compétences, et qui donnera envie aux recruteurs de venir vous démarcher, et pas simplement l’inverse.

A nous d’imaginer
  • Un outil pour vous aider à identifier vos talents
  • Un stand virtuel pour vous présenter tel que vous êtes vraiment
  • Un parcours virtuel favorisant votre rencontre avec des recruteurs
Si vous vous reconnaissez dans ce pitch, ou si vous êtes développeur, gamer, graphiste, ou certificateur de talents, rejoignez-moi pour créer la plateforme de tous vos talents."


Vendredi, samedi, dimanche, des heures pour développer le projet


Ouf, mon projet a été sélectionné et il me reste à présent à recruter des talents qui vont m'aider à creuser le sujet et co-construire une solution. Un porteur de défi proche du mien me rejoint, puis un étudiant motivé, suivis par deux experts blockchain de Lille et Paris qui avaient suivi en distanciel une table-ronde "Parlons Blockchain" que j'avais proposée en animée début octobre dans le cadre des événements apprenants pré-HICamp. Quel rapport avec mon défi RH me direz-vous ? Et bien, je coache et soutiens déjà Hugo et sa startup, Prosoon, qui utilise cette technologie pour la certification des diplômes et des expériences. Aussi, fort de deux experts blockchain, mon défi pourrait très bien offrir des services complémentaires à ceux proposés par Hugo.

Hébergée dans une salle de cours de la Fac des sciences économiques et de gestion de l'Université de Strasbourg, notre équipe se met au travail et, après avoir fait connaissance et pris conscience des forces en présence, nous nous mettons au travail. 


Après avoir envisagé plusieurs scénarii, nous nous orientons vers une solution permettant à des jeunes de traduire leurs expérience et talents en compétences professionnels, complété par une plateforme favorisant la rencontre entre des offreurs de talents et de demandeurs de compétences.

Dimanche 27 novembre 2022, 16h, j'ai trois minutes pour démontrer l'intérêt de notre défi, sa faisabilité technologique et sa pertinence économique.  


Minuté et préenregistré pour pouvoir caler mon intervention sur les images défilantes, notre support de présentation est prêt. Je vais toutefois devoir le porter en solo car nos experts blockchain ont, comme prévu, repris le train en début d'après-midi pour rejoindre et profiter un peu de leurs familles le temps d'un dimanche soir. Mais je maîtrise le sujet et devrais pouvoir me débrouiller et même répondre aux questions du jury.


"P2 - 11’’ - Bonjour, je m’appelle Bernard, je suis manageur, prof de fac, responsable associatif, et je coache des jeunes. Et quand je vois tous ces talents inexploités, je me dis « Quel gâchis ! »

P3 - 13’’- D’autant plus qu’on voit bien que la rencontre est devenue complexe entre les jeunes et les employeurs. Un marché sous tension, surtout pour les peu diplômés, des soft skills dont tout le monde parle mais que peu mettent en œuvre, des CV dont certains ne veulent plus, une démission silencieuse qui se développe

P4 - 15’’ - Juste un chiffre : plus d’un million de personnes actives pas ou peu qualifiées sont au chômage en France, ils sont 96 000 rien que dans le Grand Est

P5 - 18’’ - Notre ADN ? Transformer les demandeurs d’emploi en autant d’offreurs de compétence !
Et favoriser la rencontre avec des offreurs d’emploi, c’est-à-dire des demandeurs de compétence. Notre plateforme, nous l’avons baptisée Offreurs2Talents.

P6 - 27’’ - Nous avons imaginé une plateforme où les offreurs de talent viennent avec des expériences brutes. Par exemple ils disent "moi j'encadre des minimes au foot". Sur notre plateforme, des coaches les aideront à traduire ces talents et expériences de vies en compétences utiles au monde professionnel. De plus, nous certifierons ces compétences.

De l'autre côté, les entreprises postent des offres d'emploi sur la plateforme. Là, c'est plus direct, on extrait des compétences avec de l’intelligence artificielle, et ensuite on fait du matching entre les compétences des uns et des autres.

P7 - 20’’ - Notre idée réside dans une plateforme participative déployée sur une blockchain.
Notre token récompensera les déposeurs de talents, mais aussi les coaches sous forme de Coach2Earn. 
Cette blockchain nous permettra aussi de tracer et certifier le matching entre recruteurs et recrutés. Ce matching des entreprises financera la plateforme et favorisera sa gouvernance distribuée : ses utilisateurs pourront ainsi proposer et voter pour les évolutions de la plateforme.

P8 - 12’’ - Nous comptons nous appuyer sur un écosystème de partenaires vertueux. Nous vous montrons ici des complémentarité Europe / France / Grand Est.

P19 - 11’’ - Enfin, nos partenaires industriels : nous nous appuyons sur la blockchain Tezos, peu onéreuse et sobre en énergie, sur Scalingo pour un cloud strasbourgeois, et Prosoon, une startup strasbourgeoise pour la certification des compétences.

P10 - 17’’ - Notre business modèle ? Les recruteurs financeront notre plateforme sous forme de commission par CV déposé et matché.

Après une première année de développements et d’expérimentation avec des prescripteurs et coaches, nous projetons de matcher 400 CDI dans le Grand Est, puis l’année suivante, par scalabilité géographique, 5000 CDI en France

P11 - 11’’ - Voilà l’équipe avec laquelle j’ai bossé ce week-end. Alors, « Tous ensemble, transformons les demandeurs d’emploi en offreurs de talents ! »

Merci"

Suite et fin ?

Il est 18h30 et le jury de de #HICamp2022 est revenu annoncé les résultats de cette nouvelle édition. Notre projet Offreurs2Talents n'a pas été récompensé. Apparemment, le jury a pensé que je le portais seul puisque j'avais été le seul à intervenir et qu'il n'a pas compris l’implication de vrais experts technologiques venus de Lille et Paris et d’un écosystème motivé. Dommage, il aurait été plus simple de me poser la question.

Peut être aussi que le jury n'a pas souhaité encourager un projet porté par un quasi sexagénaire déjà salarié d'une grosse entreprise. Ou peut-être bien que le thème ne semble pas être un problème pour notre société.

Humilité devant les faits, aussi, J'ai certainement dû mal pitcher notre projet qui était technologiquement très novateur. Tant pis.

En tous cas merci à ma team composée de Lucien HAMM, Arthur Guillon, Thomas Haessle, Christelle JOU-NTEUFA et Firmin AMEGEE. Et merci Johanna Rivière, Hugo Spiess, Véronique Balestra et Myriam Haddouf pour vos précieux conseils.

Et merci Yannick Jost et catherine Mosser pour l’organisation avec tous les coaches et bénévoles et sponsors.

#TheShowMustGoOn









jeudi 19 mai 2022

Le facteur humain dans les projets

J'avoue, je vois souvent autour de moi plein de projets et d'équipes-projets. Mais, en fait, je ne connais  que très peu d'équipe au sens où je le vis depuis 50 ans dans le monde associatif. Venant du sport collectif, pour moi, une équipe est un collectif de personnes volontaires qui se gère en capitalisant sur les forces et faibles de chacune et chacun, le capitaine étant idéalement coopté par ses pairs.


Le facteur humain est souvent délaissé au profit des seuls process. Comment y remédier ?

Dans les hackathons, très rapidement intervient la notion d'équipe et sa cohésion. Au Hacking Industry Camp, nous avons ainsi intégré dès le premier soir un exercice de cohésion d'équipe qui rythme d'emblée le parcours guidant les participants du Hacking Industry Camp. Cela est particulièrement utile et apprécié par des participants qui ne se connaissaient pas une heure plus tôt, qui ont décidé de se regrouper sur un projet durant 54h.
 

Portrait-robot

La séquence Portrait-robot que nous les invitons à suivre aide les participants d'une nouvelle équipe-projet à mieux se connaître pour capitaliser sur leurs forces et faiblesses tant individuelles que collectives.


En 45' (1h avec débriefing), chaque membre de la nouvelle équipe va prendre le temps de réfléchir à sa motivation à rejoindre cette équipe, ainsi qu'aux valeurs et talents qu'il va offrir  et mettre à disposition du collectif.

La nouvelle-équipe va ainsi pouvoir optimiser les forces de chacun au service de l'ambition du projet.

Une approche complémentaire que j'enseigne à mes étudiants vise à intégrer la psychologie de chaque membre d'une équipe. Pour faire simple et aller à l'essentiel, je m'appuie sur deux approches : la méthode VAK et le MBTI.
 

Le style d'apprentissage sensoriel : Visuel, auditif ou kinésthésique ?

Le modèle VAK fournit un inventaire de référence simple et rapide permettant d’évaluer les styles d’apprentissage préférés des personnes, mais aussi de concevoir des méthodes et des expériences d’apprentissage qui correspondent aux préférences des personnes.


  • Le style d’apprentissage visuel implique l’utilisation de choses vues ou observées, y compris des images, des diagrammes, des démonstrations, des affichages, des documents, des films, des tableaux à feuilles mobiles, etc.
  • Le style d’apprentissage auditif implique le transfert d’informations par l’écoute : de la parole, de soi ou des autres, des sons et des bruits.
  • L’apprentissage kinesthésique implique une expérience physique – toucher, sentir, tenir, faire, des expériences pratiques.

Alors, vous êtes plutôt visuel(le), auditif(ve) ou kinésthésique ? Faites le test VAK ! *
 

Les 16 types de personnalité MBTI

L’indicateur typologique de Myers-Briggs (MBTI®) Niveau I est basé sur la théorie des types psychologiques de Carl Jung et permet d’identifier sa préférence psychologique naturelle parmi les deux possibles sur chacune des quatre dimensions.

  • D’où tire-t-on son énergie ? Extraversion (E) ou Introversion (I)
  • Comment perçoit-on les choses ? Sensation (S) ou INtuition (N)
  • Comment prend-on ses décisions ? Pensée (T, thinking) ou Sentiment (F, feeling)
  • Comment aborde-t-on le monde ? Jugement (J) ou Perception (P)

Les quatre lettres qui composent votre type de personnalité vous aident à mieux vous connaître et à mieux comprendre vos interactions avec les autres.

Moi, je suis plutôt ENF(T)P. Et vous ? Faites le test MBTI ! *

Des métiers adaptés aux profils MBTI


Ces différents aspects doivent entrer dans les dynamiques de professionnalisation du management d'entités, comme du management de projet.
  

En conclusion...

  • Il y a très peu de chance que vos profils soient identiques au sein de votre équipe.
  • En cas d'incompréhension avec un autre membre de l'équipe (ou un proche), n'hésitez pas à vous appuyer sur vos différences psychologiques pour identifier la source potentielle du problème et corriger le tir.


Dans tous les cas, soyez sûr(e) d'une chose :

Si votre interlocuteur (collègue ou client ou autre) ne comprend pas ce que vous lui dites ou montrez, le responsable est toujours l’émetteur, donc vous !


* Ces tests rapides vous apporteront des indications mais n'auront aucune valeur définitive. Seul un examen poussé avec des experts de ces méthodologies pourrait vous apporter une connaissance précise et détaillée vous concernant.

 

samedi 22 janvier 2022

Transmettre, c’est aussi recevoir


Quand un étudiant me demande d’être son correcteur pour un dossier technique, il ne m’impose pas un boulot que je dois assurer gratuitement : il m’offre un cadeau !

 
Dans le cadre des Masters autour du droit numérique dans lesquels j’interviens, je peux être amener à corriger des dossiers techniques, si des étudiants me le demandent et si je leur donne mon accord.

C’est ce que je fais si le sujet m’intéresse et qu’il aborde une thématique dans l’air du temps, Just in time, au bon moment et au bon endroit.

En leur donnant mon accord, je leur écris toujours ceci : « J’attends de vous que vous apportiez une valeur ajoutée à votre dossier, au-delà- d’une « simple » synthèse de l’actualité de la thématique, en y ajoutant notamment vos propres réflexions actuelles et prospectives. Vous pourrez alors le publier ensuite sur un blog et sur votre compte LinkedIn, et même ajouter une ligne sur votre CV en pointant le lien vers votre article. Je me ferai alors un plaisir, s'il est bon mais je n'en doute pas, de pointer votre blog personnel auprès de mon réseau concerné par la thématique. Cela vous challengera. Ou pas. »

Depuis ce début 2022, j’ai eu le plaisir de lire et corriger trois merveilleux cadeaux.

Parmi les dossiers reçus fin d’années, j’ai commencé par trois d’entre eux dont la thématique me passionne.

Fonctionnement et principaux enjeux de la voiture autonome
(Manon Deremetz - Master 2 Droit de l’économie numérique – Faculté de Droit de l’Université de Strasbourg)

 
Si la mobilité bas carbone des véhicules est l’un des enjeux de réussite de la transition énergétique, les évolutions des technologies et des télécommunications transforment le secteur de l’automobile. Le dossier de Manon venait à point nommé et elle a réussi à dresser un large panorama des différents degrés d’automatisation, des technologies en jeu, ainsi que des aspects cyber-sécuritaires et éthiques. Ce qui me semblait clair m’est aujourd’hui bien plus précis.

« Étonnamment, le monde de l’automobile, des nouvelles technologies, des équipements s’est joint afin de les résoudre, conclut Manon. La voiture autonome est par conséquent le fruit de grandes collaborations et alliances. A la lumière des avancées, ces dernières n’auraient pu voir le jour si chacun avait travaillé sur le sujet de manière solitaire. C’est grâce à ces nouvelles technologies que les règles s’affranchissent entres ennemis et concurrents, et de ce travail naît de belles innovations. »

Merci Manon pour ce premier cadeau.

L’innovation numérique comme outil de médiation sociale (Diane Lechevranton - Master 2 Droit de l’économie numérique – Faculté de Droit de l’Université de Strasbourg)


Lors des précédents Hacking Industry Camp, j’ai souvent poussé des projets visant à rechallenger les expériences que l’on vit sur un stand de foire ou dans un musée. En résumé : dans 90% des cas, l’expérience n’a guère changé depuis l’Antiquité : des murs, des écrits sur les murs, des personnes présentes ou non pour les commenter, un peu d’interactivité parfois.

Le dossier que me proposait Diane avait donc d’emblée toutes mes faveurs, mais en même temps, et c’est ce que je lui ai indiqué, le sujet m’intéressait tant qu’elle allait devoir me surprendre.

Dès son intro, Diane souligne que la crise sanitaire a forcé les musées à se requestionner sur l’expérience à proposer à des visiteurs devant potentiellement rester à distance. Son tour d’horizon des solutions trouvées par les uns et les autres, illustrés de nombreux exemples d’ici et surtout d’ailleurs, augurent d’un champ des possibles et laissent entrevoir à quoi pourrait ressembler le musée 5.0.

En conclusion, Diane écrit que « la médiation numérique ne pourra jamais s’auto-suffire elle ne peut venir qu’en addition à la médiation physique. C’est pourquoi, il est essentiel de réfléchir à toutes ces problématiques, afin de penser et concevoir judicieusement le musée de demain, avec des outils numériques au service d’un musée innovant et inclusif, remettant le public au centre du parcours et de l’espace. »

Merci Diane pour ce second cadeau.

Technologie et football : alliés ou rivaux ? (André Vincart - Master 2 Commerce électronique – Faculté de Droit de l’Université de Strasbourg)


Bon, OK, le foot partage ma vie depuis ma naissance. Comme le clament les supporters du Stade de la Meinau, « Nous ne sommes pas onze, mais des milliers ! » Et comme nous le chantons lors des matches, « un seul amour, et pour toujours, Racing Club de Strasbourg ! ».

En 2017, j’avais porté un projet au Hacking Industry Camp dont le nom « SuperKop 4.0 » traduisait mon envie de transformer l’expérience émotionnelle vécue dans l’arène en rendant dynamiques et interactifs les smartphones des spectateurs, synchronisés avec la bande son, la panneautique et les écrans géants.

Quand fin octobre dernier, Vincent m’a demandé d’être son correcteur pour un dossier sur « la technologie appliquée au monde du football », autant vous dire qu’il me touchait en plein cœur… et qu’il se mettait la pression, car il connaissait très bien mon histoire.

Et bien, je n’ai pas été déçu. Son excellent dossier aborde de façon très complète les impacts des nouvelles technologies sur le foot en général et dans ses toutes dimensions : évolutions des techniques audiovisuelles pour des retransmissions de plus en plus immersives, développement du smart stadium, le big data des données du foot pour une hyperpersonnalisation pour un meilleur suivi des joueurs, pour créer des entraînements techniques individualisés, pour concevoir et mettre en œuvre les stratégies tactiques adéquates pour contrer les équipes adverses et chacun de leurs joueurs, le tout étant financé notamment pour l’augmentation de la valeur marchande des compétitions et des joueurs.

Je ne peux m’empêcher de partager ici avec vous quelques exemples cités par André.
 

Smart stadium Vodaphone Park du Beşiktaş JK (Istanbul – Turquie)

 
« Inauguré en 2016, le Vodafone Park compte non seulement plus de places assises que le révolu Inönü (environ 42.000 contre 32.000 auparavant), mais aussi une connexion Wi-Fi Vodafone SuperNet d’une vitesse pouvant atteindre 300 Gbit/s, du réseau 4.5G, ainsi que 2.000 sièges VIP dotés d’écrans interactifs sept pouces, sur lesquels les spectateurs peuvent par exemple regarder une analyse du match en direct, commander à manger, ou encore consulter le trafic routier en temps réel. »

(…) En plus de fournir les écrans et télévisions encastrables du stade, Beko, grande entreprise turque d’électroménagers qui sponsorise le club stambouliote, assure aussi la climatisation dans toute l’enceinte. En partenariat avec Wirecard, société allemande spécialisée dans la fintech, le club lance également une application mobile permettant aux supporters d’acheter à manger et à boire directement depuis leur siège ; il leur suffit ainsi de récupérer leur commande à la mi-temps ou lors d’un arrêt de jeu sans devoir faire la file. »

(…) Et pour couronner le tout, un système audio dernier cri signé K-Array avec pas moins de douze caissons de basse Mugello-KS5 suspendus autour du tableau d’affichage, ainsi qu’une trentaine de haut-parleurs Mugello-KH5. Doté de la technologie Slim Array, le KH5 permet une propagation du son sans résonances en produisant une forte pression acoustique pour une netteté optimale. Enfin, le système de dépointage oriente le son vers les tribunes pour une couverture constante et uniforme, même au fin fond des gradins situés à l’autre bout du terrain. »
 

Stade Santiago Bernabéu du Real (Madrid – Espagne)

 
« La rénovation de ce stade devrait s’achever cette année. En plus des améliorations significatives au niveau des installations et du confort avec notamment de nouveaux espaces de loisirs, de restauration et de divertissement – dont des locaux dédiés aux e-sports – les transformations prévues sur le plan technologique s’annoncent véritablement révolutionnaires, à commencer par l’illumination et la projection d’images sur la façade asymétrique en acier qui enveloppera l’arène dans sa totalité.

(…) Les deux écrans géants classiques positionnés au-dessus des cages seront remplacés par un écran LED incurvé à 360 degrés unique en son genre, puisqu’il sera installé en forme d’anneau le long du périmètre des tribunes afin d’offrir à tous les spectateurs « un véritable spectacle visuel et acoustique, quelle que soit leur place dans le stade. »

Merci André pour ce troisième cadeau.

vendredi 24 décembre 2021

Fier de nos jeunes


 

15 de mes étudiants ont participé au Hacking Industry Camp. J'ai voulu mieux comprendre leurs motivations et connaître leurs apprentissages.

Pour alimenter en talents les entreprises de notre territoire, Catherine LEDIG a dès 1999 créé des filières innovantes à l’Université de Strasbourg. Master en Commerce électronique à l’Ecole de Management Strasbourg, puis quatre masters à la Faculté de droit, de sciences politiques et de gestion de Strasbourg : Commerce électronique (COMELEC), mais aussi Droit de l’économie numérique (DEN), Droit et gestion des énergies et du développement durable (DGEDD), et depuis peu, Cyberjustice. Pour parfaire ce cursus, les étudiants doivent présenter un projet d’entrepreneur Pépite Etena pour décrocher leur diplôme.

J’ai eu la chance de bénéficier de cette formation COMELEC en 2003 pour contribuer, à mon échelle, à la transformation de ma boîte. J'avais d’ailleurs dans la foulée recruter deux autres diplômés pour créer ce qui fut le Pôle e-business de ma boîte (poke Tanguy DE JANS, Sendil SINIVASSANE, Emmanuelle Fuhrmann) et ouvrir notre Intranet, nos sites Internet et nos agences en ligne pour faciliter la relation digitale avec nos clients.

Dans la foulée, Catherine m’a proposé de transmettre mes connaissances et mon expérience aux étudiants de ces filières. Et depuis l’an dernier, avec Christophe Bessin, nous coachons les projets entrepreneuriaux Etena de nos 60 étudiants.

Dans ma vie professionnelle, je suis en charge de l’innovation à ÉS et, à ce titre, j’ai le plaisir de co-organiser le Hacking Industry Camp, un hackathon de l’innovation annuel co-créé par ÉS et Alsace Digitale afin de booster l’open-innovation et la dynamique économique et sociale en Alsace.

C’est donc tout naturellement que j’incite fortement mes étudiants à y participer. Le message que je leur distille est simple. « Dans quelques mois, vous pensez entrer dans la vie professionnelle. Or, votre vie professionnelle n'attend pas vos diplômes ou votre embauche pour commencer. Et le Hacking Industry Camp est un sacré accélérateur de développement personnel et professionnel pour vous le démontrer.

Lors du Hacking Industry Camp de novembre 2021, 15 des 60 étudiants y ont participé. Ils ont osé porter 7 des 26 projets présentés et leurs défis ont décroché 3 des 10 récompenses finales. En tout, 11 des 15 étudiants participants ont été récompensés !

Motivations et apprentissages des étudiants


Au-delà des chiffres, je leur ai transmis une rapide enquête pour mieux connaître leurs apprentissages. En résumé : confiance en soi, nouvelles compétences méconnues, multi-tâches, force d’un groupe hétéroclite, puissance de l’intelligence collective, capacité de se surpasser, gestion d’équipe, importance des coaches.
  

Ce qu’ils ont aimé

  • Le réseautage ! Nous sommes arrivés à 3, nous avons quitté le HIC avec une équipe solide (10 personnes) et motivé pour développer notre idée jusqu'à la réaliser. Ouadii
  • J'ai particulièrement apprécié travailler en collaboration avec d'autres étudiants ayant un profil différent du mien. Nous avons tous pu apprendre les uns des autres et donc accroître nos compétences. Manon
  • Le concept du HIC : ça m’a permis de concrétiser mes connaissances théoriques acquises durant mon master. Notamment les questions inhérentes au marketing, UX, BMC… Zakaria
  • J'ai aimé le fait de pouvoir travailler à fond pendant 54h : je n'ai jamais été aussi productive de ma vie. Alexia
  • Travail en petit groupe sur un problème concret. Marion
  • J'ai beaucoup aimé l'ambiance d'échange, de partage des connaissances, la possibilité de mettre en pratique des connaissances plus théoriques et d'avoir un feedback rapide et varié, l'obtention d'une expérience de gestion de projet et des difficultés qui peuvent survenir au sein d'une même équipe. Rafael

 
Un commentaire sur votre équipe ?

  • Ce n'est pas qu'une simple équipe, c'est devenu une FAMILLE ! Ouadii
  • Ils se sont tous appropriés le projet et ont fourni un travail qualitatif. Dès le premier soir, il y a eu une cohésion de groupe et une volonté de travailler tous ensemble. Manon
  • Très heureux d'avoir pu rencontrer des étudiants d'autres domaines et d'âges différents, ce qui donnait lieu à des discussions intéressantes, avec des points de vue variés. J'ai remarqué que chacun venait avec un objectif en tête, comme sortir de sa zone de confort ou développer une compétence particulière, ce qui donnait une belle expérience ! Branscôme
  • Notre équipe était composé d’étudiants aux profils très divers (développeur, développeur-data, développeur-designer, 1° année en école d’ingénieur, M2 Droits Économie Numérique). Pour autant, on a su travailler tous ensemble pour faire grandir le projet. Seul petit point à souligner, en raison de la diversité des profils, on a pu avoir quelques quiproquos puisque certains termes n’ont pas la même signification/définition en fonction des profils. Lisa
  • De super rencontres et un week-end génial ! Et un travail récompensé avec un prix à la clé. Alexia

 
Quels sont les 2-3 trucs que vous avez appris de vous-même entre le 5 et le 7/11/21 ?

  • Je sais pitcher, je ne me croyais pas capable de le faire, et pourtant ! J'aime permettre aux autres de donner le meilleur d'eux-mêmes. Ouadlii
  • J'ai appris que je pouvais travailler en collaboration et me surpasser. J'ai aussi compris que dans ces moments-là, il faut avoir confiance en soi et ne pas se sous-estimer. Manon
  • Un projet nécessite réellement une intelligence collective, diverses compétences. Chacun travail dans son domaine et le résultat final représente un travail collectif dont chacun aura apporté sa pierre à l’édifice. Zakaria
  • Je pense pouvoir gérer une équipe. Branscôme
  • Que l’émulation autours d’un projet me pousse à me donner à fond pour le concrétiser. Lisa
  • Ma capacité à être "multi-tâches" Avoir enfin pu mettre en pratique ce que j'ai appris pendant mes études. Alexia
  • Je suis capable d'élaborer un projet en équipe en deux jours et d'être force de propositions au sein de mon équipe. Marion
  • Je suis capable d'occuper un rôle plus de leadership en équipe et communiquer avec les différents membres. Je peux présenter à l'oral des résultats. Rafael

Les résultats du Hacking Industry Camp 2021 auquel participaient mes étudiants


Prix d’accompagnement coaching (Scalingo, 1kubator, SEMAI/Grand E-nov, Impact Positif, ÉS, Orange, CCI Alsace Eurométropole, Alsace Business Angel, Agora Calycé)
1er Prix : Koolkiper (Marion Campion)
2ème Prix : Eye-Cam
3ème Prix : Te vautre pas (Antoine Rebesco)
4ème Prix : Pollen Track
5ème Prix : Stay with us (Vincent Oscar)

Prix Fun
Meilleure Solution de Service (ÉS) : Be Confident (Lisa Mirmand, Alexia Nay)
Meilleure proposition IoT (ITS Future / Agora Calycé) : Cluster IoT
Prix IA (Telecom Physique Strasbourg) : PASSage
Meilleur prototype (Scalingo) : EtuPlay (Branscôme Labarre, Hector Marmolejo Gutierrez)
Meilleur pitch (Orange) : AllCards (Diane Lechevranton, Zoé Auger, Léonie Zaegel, Laura Fèvre)
Prix du public (Biscuiterie Albisser) : Te vautre pas (Antoine)
Prix d'encouragement personnel au projet Néo (Ouadii ALAMI-MCHICHI, Martin Brandy, Manon Deremetz), ainsi qu'à Rafael Winling qui a brillamment pitché le projet d'IA sur l'analyse des maladies bactériennes et à Ines Ayivi qui a apporté ses talents et convictions au projet In visible !


#fierdenosjeunes








samedi 25 septembre 2021

Manager ou animateur ?


Cette semaine, après avoir préparé et animé huit heures de webinaires, deux heures de réunions physiques, une heure de Café Parlote et huit heures de cours pour des masters 2, je me suis souvenu de mes années d'animateur radio et le parallèle m'a alors semblé évident entre ma vie d'avant et ma vie depuis cette crise sanitaire.

Ces webinaires me font particulièrement penser aux émissions de radio que je préparais longuement et que j’animais il y a trente-cinq ans sur Canal 15.

Comment capter et retenir les participants d’une visio auxquels on demande de couper leur caméra ?


C’est un vrai nouveau sujet qui me passionne depuis qu’il est devenu d’actualité avec le premier confinement.

C’est un vrai sujet car j’entends beaucoup de managers et de profs se plaindre que les participants à leurs réunions et cours font autre chose pendant qu’ils leur parlent. À ceux-là, je dis que leurs participants ont bien raison et qu’ils n’ont qu’à organiser et animer de vraies « non-réunions » participatives, ou sinon de leur envoyer par mail leurs doctes paroles.

Quand j’étais animateur radio, je ne voyais pas mes auditeurs et je m’assurais d’abord que l’émission était bien diffusée sur les ondes avec la qualité adéquates. Déjà à l’époque, je peaufinais le design de mes heures d’antenne pour satisfaire les auditeurs et leur donner envie non seulement de rester, mais aussi de me retrouver la semaine suivante.

Les trucs et astuces des animateurs radio devraient être davantage étudiés par les organisateurs de réunions.


Vous me direz que "le sujet n’est plus d’actualité avec le retour du présentiel et des réunions du monde d’avant ?" Alors je vous répondrais : "Ah bon ? Vos participants n’ont pas leur ordinateur face à vous ? Et vous trouvez ça insupportable ?"

Mon premier chef m’expliquait que pour bien communiquer il fallait respecter trois règles :
  1. L’humilité devant les faits
  2. L’humilité devant les faits
  3. L’humilité devant les faits.

Sages conseils.