Hier après-midi, j’ai pris ma casquette Les Facilitateurs d'Alsace pour animer des ateliers sur l’innovation en matière d’inclusion et d’accessibilité avec les lunettes augmentées Ray-Ban Meta, à la demande de Caroline Scheidt (Simplon Strasbourg) et de Catherine Mosser (Alsace Digitale). Un sujet que j'avais déjà abordé... il y a 10 ans.
2016-2026 : Des lentilles connectées aux lunettes augmentées
11 février 2026. Simplon Strasbourg et Alsace Digitale m’ont demandé d’intervenir pour animer des ateliers à l’occasion des Rencontres de l’IA Méta by Simplon. Le thème du jour : « IA, accessibilité et innovation : quand la technologie ouvre de nouveaux possibles. »
Les participants : une soixantaine d’étudiants, d’association en lien avec le monde du handicap et de personnes en situation de handicap.
Les trois objectifs que nous nous étions fixés : faire rencontrer les mondes de l’inclusion et du numérique ; écouter des manques et besoins de services connexes ; imaginer un potentiel de développement de nouveaux services.
Des tables-rondes inspirantes
- Stéphanie Robieux, cofondatrice d’OORION, une startup qui aide les personnes déficientes visuelles à se repérer et à interagir plus facilement avec leur environnement. Leur application permet de baliser virtuellement les espaces, d’obtenir des informations vocales et de gagner en autonomie.
- Joachim Cardoso, mal-voyant utilisateur de la solution OORION et des lunettes Ray Ban Meta. "Être libre de se déplacer grâce aux lunettes, de téléphoner, de transmettre des messages, d’entendre les réponses, et même de prendre des photos pour les autres, c’est un vrai bonheur."
- Anne Zoé d’Arras, ergothérapeute à l’Association Valentin Haüy qui soutient les aveugles et malvoyants.
- Catherine Philibert co-fondatrice du Clan Digital, mais aussi animatrice d’une communauté de soignants pour le compte de Hack your care, une plateforme qui connecte l'expertise médicale et les entreprises.
- Anna Ferrere, co-organisatrice du Hacking Health Camp qui aura lieu du 20 au 22 mars prochain, auquel elle donne rendez-vous aux participants du jour pour transformer leurs réactions et idées du jour en autant de défis d’innovation à relever et prototyper.
Des ateliers d'idéation
- Inclusion : listez des problèmes rencontrés au quotidien
- Des lunettes magiques : que pourraient-elles résoudre pour vous ?
- Découverte des lunettes Meta Ray Ban
- Vos 10 pires services qu’offriraient des lunettes augmentées
- 10 supers idées de services qu’offriraient des lunettes augmentées
A l’issue de ces temps d’échange et de témoignages, j’ai donc demandé aux participants de nous partager les idées de services qui leur semblaient essentiels pour des lunettes augmentées, ainsi que ce qu’ils retenaient de cette journée autour du handicap et des applications liées aux lunettes IA de Méta. Voici ce que j’en retiens.
Une vision commune se dégage : les technologies pourraient devenir de puissants outils d’autonomie. Mais comme le rappelle Lana, (association c'cité), "à condition d’être pensées dès l’origine pour répondre aux besoins réels des personnes en situation de handicap."
Les participants ont souligné l’importance d’une interaction fluide, personnalisée et en temps réel. Les lunettes devraient fournir des informations instantanées, pertinentes et adaptées au contexte, qu’il s’agisse de guider un déplacement, de traduire une conversation ou d’aider à se repérer dans un environnement complexe. Plusieurs idées convergent vers une IA capable de filtrer le bruit, d’améliorer l’audio, de zoomer sur les textes, d’offrir une vision nocturne ou élargie, ou encore de détecter des signes vitaux ou des situations de somnolence.
Un autre axe fort concerne l’accessibilité numérique et environnementale. Les participants rappellent que "l’adaptation des sites web au handicap reste encore et malheureusement une vaste friche", ce qui limite l’efficacité de toute technologie d’assistance. Ils imaginent également un quotidien enrichi de repères, balises et interfaces mieux conçues, où la domotique, les objets connectés et les lunettes interagiraient naturellement.
La personnalisation apparaît comme un enjeu majeur : adapter l’IA à la voix, aux préférences, au profil sensoriel ou cognitif de l’utilisateur. Les lunettes devraient aussi permettre de filtrer les informations selon l’usage (professionnel, touristique, sportif…) et garantir une confidentialité irréprochable, condition indispensable à la confiance.
L’enjeu fondamental du facteur humain
Les participants rappellent que la technologie, aussi avancée soit-elle, ne peut remplacer la dimension humaine. "La relation humaine reste l’élément le plus important dans la chaîne, soulignait justement une participante mal-voyante. Les lunettes connectées doivent être un soutien, un facilitateur, jamais un substitut aux interactions sociales ou à l’accompagnement humain."
Aller plus loin
- Des associations dans lesquelles Christian Hommaire est engagé : Vue du cœur (voir notamment le reportage sur la nouvelle canne en développement ; Grandes Traversées (voir la bande annonce du film Himalaya Ensemble 2019 réalisé après notre expédition en 2019).
- La canne de la liberté : canne polyvalente pour les personnes non-voyantes ou malvoyante (2025)
- Clément Gass et le Téléthon d'EDF en Alsace (2016)

